En vue de rattraper le retard accusé l’an dernier en matière de production, les pouvoirs publics ont mis sur place une batterie de mesures à même d’inciter les céréaliculteurs à multiplier leurs efforts. L’objectif fixé est de récolter plus de 50 millions de quintaux de céréales, ce qui va permettre d’aboutir à une autosuffisance. C’est ce qu’a déclaré hier Abderhaman Bourad, directeur général de la Caisse nationale de la mutuelle agricole, lors de son passage sur les ondes de la radio Chaîne III. Ce dernier a souligné qu’une campagne de sensibilisation a été entamée au début de cette semaine justement pour parer au plus pressé et surtout augmenter la production des céréales, actuellement qualifiée d’insuffisante, souligne l’invité de la Radio nationale. A ce sujet, il a indiqué que « nous sommes obligés d’aller vers l’indépendance alimentaire. » L’objectif assigné à cette opération est de se rapprocher des agriculteurs et de les informer des nouvelles mesures incitatives et de soutien mises en place. La CNMA, de par sa vocation, propose, dit-il, des crédit d’accompagnement allant jusqu’au 500 000 DA, avec un taux d’intérêt préférentiel au profit de chaque fellah désirant investir dans le domaine de la céréaliculture. D’après le même orateur, le plan d’action dégagé pour cette année vient en réalité en complémentarité de celui mis en branle l’an dernier pour lequel il a été octroyé une enveloppe de 4 milliards DA sous forme de crédits aux agriculteurs spécialisés dans cette filière, qui sont au nombre de 7000. Le rééchelonnement de la dette est l’autre mesure prise par la CNMA qui donne de ce fait la possibilité aux agriculteurs endettés de prétendre à d’autres crédits sans qu’ils soient frappés de pénalité.
Ce n’est pas tout, puisque la CNMA compte à partir de l’exercice prochain 2007 mettre en place de nouvelles dispositions. Il s’agit entre autres de relever la réduction de l’assurance à 50 % et de revoir à la baisse les taux d’intérêts et ce « pour permettre aux céréaliculteurs d’accéder à un maximum de crédits de soutien. Et nous pensons qu’avec cette méthode, les 60 millions de quintaux ne sont pas hors de portée ».
Le premier responsable de la CNMA souligne, dans le même contexte, que la surface cultivable en céréales, évaluée actuellement à trois millions d’hectares, est en constante croissance.
Posant le problème des actes de propriété des surfaces agricoles soulevé par plusieurs agriculteurs qui peinent à bénéficier des avantages, le directeur général de la CNMA, en se montrant rassurant a indiqué qu’ en terme de crédits « nous n’exigons pas un acte de propreté ou des garanties. Il suffit juste d’une simple reconnaissance pour accorder les crédits ».
Salah Benreguia
