7 militaires tués, 14 autres blessés

Alors qu’elles venaient d’entamer une opération de reconnaissance à la périphérie des deux localités précitées, des troupes d’un cantonnement militaire voisin furent surprises ce mercredi en fin d’après-midi, a-t-on indiqué, par l’explosion de deux bombes artisanales de forte puissance, suivies de rafales d’armes automatiques d’un groupe terroriste embusqué apparemment dans un champ voisin. Les deux explosions tuèrent sur le coup, a-t-on signalé, sept soldats de l’ANP et en blessèrent quatorze autres dont au moins cinq grièvement.

Une fois leur forfait accompli, la horde sanguinaire aurait pris la fuite en longeant des sentiers menant aux zones voisines de Chabet El Ameur et Tizi Ghennif.

Les victimes seront immédiatement évacuées vers une structure sanitaire de la périphérie. Alertés, d’autres contingents locaux de l’armée régulière se mobilisent et déclenchent aussitôt une vaste opération touchant particulièrement le piémont de Lella Messaâd, Ouled Boudoukhane, Djebir, Meddas et Beggas. Cette chaîne de montagnes s’étendant de l’ex-Palestro aux confins de Draâ El Mizan, sera, le lendemain, intensément bombardée par quatre hélicoptères de combat. Relayés par les tirs de l’artillerie classique, les raids aériens se sont concentrés sur les monts et vallées parsemés de rochers. Fer et flammes que crachaient à intervalles réguliers ce jeudi entre 9h et 15h, creusaient en profondeur des vastes trous dans les endroits suspects. Lors d’un intermède, un accrochage opposa une patrouille militaire à un groupe terroriste qui tentait de s’enfuir en s’engouffrant dans une forêt à dense végétation. L’endroit sera torpillé.

Mais le bilan de l’action n’est pas encore connu. L’on estime que les frappes des forces de sécurité ont fait mouche. Et plus important, l’opération supervisée par le haut responsable de la 1re Région militaire se poursuit à l’heure où nous mettons sous presse.

Près d’une trentaine de bombes artisanales auront été désamorcées, a-t-on signalé, suite à l’utilisation de bulldozers par les sections militaires. Déclenchant la seconde phase de l’opération, celle terrestre, les brigades mobiles de l’ANP ont démoli pas moins de deux casemates dans cette contrée, considérée depuis une quinzaine d’années comme base de repli des hordes sanguinaires d’El Farouk.

Phalange redoutable ayant diaboliquement simulé l’an dernier, presque à la même date, une trêve juste pour se redéployer. Alors qu’on s’attendait à la repentence d’un bon nombre de ces éléments, elle n’a point cessé de défier et l’Etat et la société. Sa résurgence, en lisière des centres urbains du Nord-Ouest et l’est de Bouira fut souvent accompagnée d’attentats ayant fait, au total, une quinzaine de victimes en moins d’une année.

Ripostant à cette flambée de violence, l’armée avait multiplié ses points d’observation et ses cantonnements dans certains endroits suspects.

Mais l’attaque terroriste, la veille de ce week-end incite les services concernés à redoubler encore de vigilance et à accentuer la pression sur les principales zones du GSPC. A l’heure où nous mettons sous presse les forces de l’ANP actionnent leur machine de guerre en direction des maquis de Djerrah, versant ouest de la zone ciblée jouxtant les gorges de Lakhdaria. Un déluge de feu a été concentré juste après la prière de vendredi sur les monts d’Adhafal, précisément les vallées rocheuses d’Azrou Imaaziyen où se seraient repliés les survivants des raids aériens, méthodiquement planifiés ce jeudi en lisière des centres urbains de Lakhdaria.

Salim Haddou