La Dépêche de Kabylie

Tourisme dites-vous ?

Le cap d’une montagne qui s’avance sur la mer, quelque 6 kilomètres de plage avec une bande boisée qui les longe et une grotte réellement féérique font d’Aokas un petit paradis pour les touristes. Il aurait pu effectivement l’être à tout point de vue si les pouvoirs publics avaient exploité cette faveur de dame nature en y investissant un tant soit peu dans le domaine touristique tel que ça a été fait dans des localités de moindre importance dans les pays voisins. Pour une station balnéaire qui accueille quelquefois un million de visiteurs chaque saison estivale, Aokas ne dispose que de trois hôtels d’une capacité de 134 lits et 8 campings pouvant héberger près de 20 000 estivants durant tout l’été. Il existe aussi 6 autres campings gérés par les œuvres sociales de différents organismes et réservés exclusivement à leurs personnels. Les particuliers profitent de cette défaillance pour louer à des prix exorbitants des appartements et autres villas aux plus nantis des vacanciers. Peut-on parler de tourisme quand les capacités d’accueil sont nettement inférieures aux besoins ?Il serait simpliste de rendre l’Etat exclusivement responsable de cette situation mais il serait encore plus irréaliste de l’absoudre en totalité quand on sait qu’un petit budget spécial développement touristique permettra à cette commune de construire des salons de dégustation et autres boutiques de vente de souvenirs qu’exploiteront les jeunes chômeurs moyennant un modeste loyer à verser à l’APC afin d’éviter la clochardisation de la côte par l’implantation de baraques en roseaux et bois de palettes qui font office dès fois même, de restaurants sans aucune hygiène. En plus de ce minimum, la création d’une zone touristique permettant l’érection de complexes hôteliers est incontestablement nécessaire à la survie de la commune d’une part et au développement du tourisme d’autre part. Durant le séminaire regroupant les élus des villes côtières et les représentants du secteur du tourisme tenu à Alger les 11 et 12 du mois courant, le représentant du ministère de l’Intérieur, dans son intervention, a mis le doigt sur un point crucial à savoir la contribution du ministère du Tourisme au développement de ce dernier car les budgets communaux n’arrivent dans la majorité des cas qu’à couvrir les frais de leur personnel si ce n’est moins, à l’image d’une commune de la wilaya de Chlef qui a été citée en exemple, Effectivement, à quoi sert un ministère s’il se limite à donner des directives et instructions à appliquer sans aucun accompagnement financier ? Ses prérogatives sont-elles aussi restreintes et ne l’autorisent pas à dégager des enveloppes dans le cadre d’aménagements et développements touristiques ?Dit et redit à maintes occasions par nos gouvernants, nous sommes tous convaincus qu’effectivement l’après-pétrole, c’est l’agriculture et le tourisme. Mais qu’a-t-on fait pour cela notamment pour le secteur objet de notre article ?A titre d’exemple, pour la commune d’Aokas deux subventions ont été accordées durant la saison estivale écoulée dans le cadre des PCD relatives aux travaux d’entretien des plages et à la réfection des postes de secours d’un montant global d e 782 880,00 DA alors que cette station balnéaire a proposé la création d’une zone d’extension touristique, la réalisation d’une autre entrée à la Grotte féérique pour éviter les risques d’accidents auxquels sont exposés les visiteurs qui sont près de 2 000 quotidiennement et aussi sauvegarder ce site des effets dégagés par les véhicules empruntant la RN 9 en plus d’autres suggestions telles que la construction de blocs sanitaires tout le long de la plage et autres pour améliorer les conditions de séjours des estivants que la population et les autorités considèrent comme des invités. 1200 kilomètres de côte doivent nous servir à préparer l’après-pétrole et à faire de l’Algérie une attraction permanente de toute personne avide de découverte des paradis terrestres.

A. G.

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