Le RC Seddouk, pionneir de la régionale III entame difficilement le championnat, si l’on en juge par les deux résultats catastrophiques subis avec des scores exorbitants, 3/1 à domicile et 7/0 à l’extérieur. Qui pourrait en vouloir à ces jeunes joueurs ? Qui ont pour seules armes, comme l’équipe du FLN pendant la révolution, leur volonté et leur foi. D’ailleurs, issus pour la plupart de villages enclavés. Manquant visiblement d’expérience et évoluant pour la première fois dans un club officiel. La formation seddoukoise qui existe depuis 1958 n’arrive toujours pas à se débarrasser de cette précarité qui la tient prisonnière aux fonds des abysses. Son école de football, sans nul doute, parmi les plus performantes de la wilaya a produit des joueurs de talent qu’on retrouve partout ailleurs dans les clubs de la vallée de la Soummam, mais peu ou pas du tout à Seddouk. Et pour cause, au moment où leur club-fétiche leur propose des primes insignifiantes- plutôt de l’argent de poche- d’autres leur offraient des salaires. La mort dans l’âme, ils quittent le club non pas de gaieté de cœur mais par nécessité. Ainsi, ils partent sous d’autres cieux, faire le bonheur d’autres clubs, là où leur labeur et leur sueur sont récompensés en conséquence et le développement de leurs carrières assuré. Parmi ces joueurs, figurent Amesis de l’ORBA, Tahir de la JSA, Bouazza du MBB et pas moins de six joueurs partis en groupe cette année à l’ES Beni ourtilane, ce qui a provoqué d’ailleurs une terrible saignée dans le club. Les dirigeants pour pourvoir maintenir la formation seddoukoise en lice ont fait du porte à porte et ils ont pu rassembler ça et là un effectif réglementaire.
Si l’on s’en tient à cela, le problème de l’encadrement se pose aussi avec acuité. L’année passée, les dirigeants seddoukois ont tenté de construire une équipe compétitive en faisant appel à 5 joueurs évoluant à l’ORBA et un autre de la JSMB. Avec ces éléments aguerris l’équipe a fait d’excellents résultats.
Elle a joué d’ailleurs les premiers rôles en terminant le championnat à la 5e place, malgré la valse des entraîneurs (pas moins de 4 entraîneurs se sont succédé à la barre technique) sans oublier les deux lourdes sanctions dont le club a écopé. Cette année le moins que l’on puisse dire, c’est que le club ressemble à un malade souffrant d’inanition, maintenu sous perfusion en attendant que les médecins s’en mêlent pour le sauver d’une mort certaine.
L.B.
