MM. Omar Ramdane et Ben Abdeslam Ibrahim respectivement, président du Forum des chefs d’entreprise (FCE) et l’organisateur du 10e Congrès des hommes d’affaires arabes prévue entre le 18 et 19 du mois en cours à Alger, ont été les invités de l’émission « Fi El Wadjiha » de la Chaîne I de la Radio nationale. 500 hommes d’affaires arabes ont exprimé leurs intérêts à participer à cet important événement. Celui-ci sera rehaussé par la présence du secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa. Selon le président du FCE, l’objectif de ce congrès est d’assurer des opportunités d’investissement aux investisseurs arabes. « Nos frères arabes ignorent l’état de notre économie. La majorité d’entre eux croient qu’il n’y a pas de mutations. Nous travaillons dans le sens de combler le vide en vendant une bonne image de l’Algérie » dira-t-il, M. Ramdane a reconnu l’existence d’éléments bloquant le développement de l’économie à l’instar de la corruption, la bureaucratie, le problème du foncier, et le système bancaire. « L’Algérie est un marché très ouvert. Nous nous efforçons avec les pouvoirs publics de faire disparaître toutes les contraintes », a-t-il estimé et d’ajouter « que l’investisseur doit prendre en considération tous ces obstacles. » Abondant dans le même sens, M. Ben Abdeslam Ibrahim a défini l’investissement comme une « aventure calculée » dans le monde des affaires. « Dans tous nos rapports, nous précisons qu’il y a des obstacles mais l’Algérie demeure une destination privilégiée pour les investisseurs » a-t-il nuancé. Il citera pour exemple la réussite fracassante des compagnies Orascom et Watania dans le secteur des télécommunications. A la question de savoir s’il y a des craintes exprimées par le investisseurs arabes concernant la situation sécuritaire, le responsable chargé de l’organisation de ce congrès a soutenu qu’aucun participant n’a soulevé cet aspect comme une embûche dans la volonté d’investir en Algérie. Des ateliers de travail dans les secteurs du tourisme, des banques et des finances seront mis à la disposition des investissements. L’objectif de ces espaces, selon M. Ben Abdeslam, est de se frotter à l’expérience des hommes d’affaires arabes qui disposent d’une grande maîtrise dans ces domaines. « Nous ne considérons pas l’investisseur arabe comme un pourvoyeur de fonds seulement mais un détenteur de connaissances et d’expérience », a-t-il clamé.
Pour étayer ses propos, il citera l’exemple des Emirat Arabes Unis, un pays qui a réussi en 2005 à engranger 77% du revenu en dehors des hydrocarbures. « Ce pays détient une expérience très riche dans le domaines des services, du tourisme, et de l’immobilier. » a-t-il noté avant de relever qu’il est temps pour l’Algérie de lorgner dans tous les sens même du côté de la Chine pour inviter les investisseurs. « Construisons avec la rente pétrolière une économie qui ne dépendra plus de cette rente pétrolière » dira M. Ramdane. Par ailleurs, M. Ben Abdeslam a abordé les véritables problèmes qui empêchent l’investissement. La réforme administrative, a estimé l’orateur, n’a pas connu les étapes nécessaires. « S’il y a une volonté dans l’application des programmes comme l’autoroute Est-Ouest, nous aurons des résultats en matières d’investissement » a-t-il prédit. De son coté, le président du FCE s’est plaint du système financier, de l’économie informelle et du problème du foncier en indiquant que l’autoroute Est-Ouest sera la colonne vertébrale du développement du pays.
Hocine Lamriben
