En effet, sept familles en tout sont déjà sur place et ont éli domicile dans des appartements qu’elles ont squattés.
Les concernés que nous avons rencontrés sur place ne nous ont pas caché leur désarroi de se voir sans toit au moment où des logements se trouvent juste à coté, livrés au pillage et aux bandes de délinquants qui en ont fait leur lieu de prédilection.
L’un des squatters, le dénommé R. M nous a déclaré qu’avant de passer au squat « nous avons épuisé toutes les voies légales dont même un rapport détaillé accompagné d’un CD vidéo de la cité en question que nous avons adressé à tous les responsables dont même le wali » pour ajouter « comment expliquer le fait que je sois privé de logement au moment où je suis fils de chahid en plus du fait que j’ai exercé plus de 20 ans au service de l’Etat en ma qualité d’inspecteur des impôts ? C’est vraiment inconcevable ! ».
Les mêmes déclarations ont été ainsi relayées par l’ensemble de ces occupants qui affichent leur volonté de ne pas quitter les lieux avant qu’une solution ne soit trouvée à leur problème par les autorités locales.
C’est là donc une situation inextricable d’autant que du point de vue légal, l’acte de squat n’est aucunement justifiable. C’est d’ailleurs l’avis partagé par l’ensemble des responsables concernés que nous avons interrogés à ce propos.
Du coté de l’APC, le magistrat municipal, Hamid Zekri en l’occurrence, qui nous a reçus dans son bureau, ne va pas par trente six chemins pour déclarer l’illégalité de cette action répréhensible du point de vue de la loi.
Comme d’ailleurs il n’y va pas par le dos de la cuillère pour dire que cette affaire sera réglée dans les règles de l’art avec en prime la prise des mesures édictées dans les lois et règlements en vigueur.
D’autre part, nous avons appris qu’une action judiciaire sera actionnée contre ces « indus occupants » et l’administration ne se laissera pas faire devant de telles atteintes.
Ainsi et pour ce qui est du retard enregistré dans la distribution de ces logements, l’édile communal nous a expliqué que ces logements attendent la finalisation du dossier de remise à la wilaya qui les a réservés pour les fonctionnaires des différents organismes relevant de sa compétence.
Enfin, il demeure utile de constater que les lenteurs administratives qui se trouvent souvent assimilées aux pratiques bureaucratiques d’usage ne cessent de donner les effets néfastes d’une gestion anachronique qui prive le citoyen de ses droits les plus élémentaires comme celui du logement.
De là, si le fait de décréter la justesse du squat c’est aller vite en besogne, laisser des logements à l’abandon au moment où des citoyens se trouvent dépourvus de toit est aussi un acte condamnable qui doit faire réagir les responsables compétents à tous les niveaux de la pyramide de l’Etat.
Nous y reviendrons.
L. Khaber
