Journée médicale sur le syndrome métabolique

Agir en amont pour empêcher l’emballement des maladies cardiovasculaires mortelles est une mesure d’approche de la société algérienne de la médecine interne qui a organisé une journée médicale de formation continue sur le syndrome métabolique, à l’auditorium d’Aboudaou de l’université A. Mira de Béjaïa jeudi dernier où pas moins de 10 communications ont été au sommaire. Le sujet est d’actualité selon Mme Otmani secrétaire générale de cette société qui a souligné que « ce syndrome métabolique que l’on croyait spécifique aux pays développés est devenu fréquent dans les pays émergents comme le nôtre ». A écouter les différents intervenants, l’on a retenu en somme des réponses à trois questions fondamentales de ce qui est déjà devenu un problème de santé publique, car à l’origine d’une morbi-mortalité importante. Il est donc nécessaire de définir ce syndrome, d’identifier ses causes afin de connaître son degré de gravité. A cet effet D. Aoudia, spécialiste en médecine interne à Béjaïa et principal organisateur, trouve qu’il s’agit de l’association de 4 anomalies chez une même personne dont la HTA, le diabète, l’excès de poids abdominal et les troubles lipidiques, caractérisés par des perturbations en cholestérol. C’est peu de dire que ce cholestérol n’a pas bonne presse auprès de la plupart des gens, pourtant cet acide gras est essentiel dans la vie. Pour cela, le professeur Ouadahi du CHU de Bab El Oued creuse dans ce puits et apporte des éléments significatifs : « Il existe le « bon » et le « mauvais » cholestérol et dans le cas du syndrome métabolique, le premier est en déficit et le second est en revanche en force ». Le professeur souligne que c’est « l’association de ces troubles de corps gras avec même de légères élévations du taux de sucre et de la tension artérielle qui est à l’origine d’un état pathologique qui peut évoluer vers un diabète type II et accélérer l’installation de graves maladies cardiovasculaires dont l’infarctus, l’accident vasculaire cérébral et les atteintes rénales et oculaires ». Aussi cette entité réunissant les facteurs majeurs de risque apparaît chez un sujet d’allure normale, mais fragilement prédisposé à des complications irréversibles. L’on préconise, pour ne pas arriver à ce stade de chronicité où le traitement devient lourd et coûteux et le pronostic reste souvent médiocre, il est primordial pour le praticien de s’impliquer dès la découverte de ce syndrome X, ou, il ne représente que le sommet d’un iceberg. « Il suffit d’un tour de taille et d’un petit examen biologique pour détecter le syndrome que le médecin doit prendre par une attitude préventive afin de barrer la route à des conséquences graves ». Au petit diagnostic mais plus que nécessaire, les mesures décrites par les médecins internistes sont très simples « mettre fin à la vie sédentaire et opérer un changement dans les habitudes gastronomiques et bannir tous les facteurs de risque tels que le tabac et l’alcool ». Ainsi, la consommation accrue de sucreries et de sel tout en favorisant des plats riches en légumes et fruits est bénéfique pour garder une taille mince et protéger les vaisseaux d’éventuelles graisses pathogènes génératrices de maladies cardiovasculaire. Sur le plan épidémiologique, une étude faite à Aïn Salah a révélé que 20% des malades consultés sont touchés par ce syndrome métabolique dont les mesures de lutte sont pluridisciplinaires. Créer des aires de jeu, encourager la pratique du sport pour tous et faire de l’éducation sanitaire à tous les niveaux sont autant de recommandations à prescrire pour préserver la société d’un nouveau phénomène destructeur lié à un mode de vie qui favorise la sédentarité et les nouvelles habitudes alimentaires. Notons par ailleurs que l’université de Béjaïa vient de vivre en automne des manifestations scientifiques où pas moins de 5 semaines sont organisées depuis septembre dont les deux dernières sont consacrés aux domaines de la médecine et de la santé publique que le DSP de Béjaïa a qualifiée d’ailleurs de « creusets, de développement et propulseurs des réformes hospitalières ».

Nadir Touati