Volontairement seul

l Connaître cette sensation d’être seul, c’est le cas d’être face au néant, difficile cette sensation de solitude, une impression morose, troublante, dégueulasse, impertinement et surtout inexplicable, se sentir abandonné, délaissé quoi de pire et de plus désastreux.

Bien ou mal entouré, l’individu aussi courageux qu’il puisse être, le plus déterminé, le plus intransigeant, si toutefois à une seconde près éprouve cette sensation « de se sentir seul », de ne pas être écouté ou compris et hop ! C’est l’ébranlement total, c’est un autre personnage. Le plus léger poids à soulever lui paraîtra des tonnes les quelques centimètres à effectuer, pour lui dépasseront des kilomètres et des kilomètres, le moindre petit banal problème de moindre sens et importance, facile à résoudre sera pour lui, une source de malheurs, de malédictions, un désarroi, un effondrement moral, quoi !

Mais en revanche, il n’y a pas d’individu seul, seul proprement dit, néanmoins il y a celui qui désire être seul, toute la différence est là, celui aux grand airs et à la petite mine, pour ne pas dire minable, lequel de temps à autres s’autorise une attitude venimeuse et se donne cette permission de se croire très haut sur le mont avant d’arriver et est persuadé de n’avoir besoin de qui que ce soit et c’est évident surtout qu’il ne pense pas à la descente qui ne sera pas du tout catholique. Celui-ci en rebroussant le chemin involontairement et en prenant la descente forcée, empruntée par tout un chacun bien sûr, et qu’il trouve naturellement amère et lugubre, c’est justement à ce moment précis de chute libre qui ne l’a pas épargnée, que cette sensation est ressentie, et de toute évidence pour remonter, il attend un ascenseur qu’il n’a jamais renvoyé de là-haut en fait. Et donc se munir de beaucoup d’attention à l’égard d’autrui détenant à son tour cet ascenseur.

Farroudja Metref