»Il y a absence de volonté d’un règlement définitif de la crise de 2001 »

La situation socio-économique dans la wilaya de Tizi Ouzou, l’évaluation de la mise en œuvre de la plate-forme d’El Kseur, la recrudescence de la violence et le climat d’insécurité qui règne dans la région ainsi que le retour annoncé en pompe par le ministre de l’Intérieur et certains hommes politiques ont été longuement débattus par le conseil de wilaya de la CADC. Réuni en session ordinaire jeudi dernier, le Mouvement citoyen des archs a soulevé plusieurs points ayant trait à l’actualité nationale et au « non respect des engagements pris par les pouvoirs publics » et dressé un tableau très sombre de la situation aussi bien sécuritaire qu’économique du pays. Prenant acte des récentes déclarations de la classe politique sur la question du retour de la gendarmerie en Kabylie, les membres du conseil de wilaya prennent à témoin l’opinion publique nationale et locale quant aux revirements opérés par la classe politique depuis 2001 et rappellent « la résolution de l’APW adoptée à l’unanimité et en séance plénière le 1er mai 2005 durant une session extraordinaire qui a exigé le départ immédiat et inconditionnel de toutes les brigades de gendarmerie ». La CADC dénonce également « le travail de désinformation mené par les relais du pouvoir quant au retour de la gendarmerie tout en passant sous silence la mobilisation citoyenne contre ce corps de sécurité » et cite pour témoignage l’opposition des citoyens des localités comme Azeffoun, Mechtras, Ath Yenni…lors des récentes tentatives de redéploiement de la gendarmerie.

Sur le plan économique, le Mouvement citoyen des archs a tiré la sonnette d’alarme sur la situation de non-développement social en Kabylie et le désappointement des jeunes qui voient toutes leurs initiatives d’investissements paralysées par les blocages administratifs. Ces lenteurs enregistrées dans la réalisation des projets dans tous les secteurs d’activité et le rythme de mise en œuvre des chantiers de développement qui est « au point zéro » et qu’illustre le « faible taux d’exécution du budget de wilaya  » conduisent selon les membres du CADC à faire fuir les volontés et les capitaux hors de la région.

Même constat en ce qui concerne la mise en oeuvre de la plate-forme d’El Kseur et l’accord signé conjointement par l’ancien chef du gouvernement Ahmed Ouyahia et la délégation mandatée par le Mouvement citoyen des archs le 15 janvier 2005 à Alger. La CADC dénonce la non-application par les plus hautes autorités du pays des engagements solennels et publics qu’elles ont pris, en respect de l’accord paraphé entre les deux parties et relève « l’absence de volonté de règlement définitif de la crise issue des événements du Printemps Noir de 2001 par les pouvoirs publics ». Elle met en garde contre « les relais locaux apparents qui continuent à alimenter l’actualité sur des questions déjà tranchées dans le cadre du processus du dialogue ». Pour conclure, le Mouvement des archs déplore « le recul des libertés collectives et individuelles et l’instrumentalisation de la justice contre les journalistes » et exige la levée des poursuites judiciaires et le harcèlement contre le journaliste Arezki Ait Larbi, condamné par contumace.

H. Hayet