Les activités commerciales non réglementées suffoquent

Décidément, et suite aux injonctions venues d’en haut, les pouvoirs publics de la ville d’Akbou ont braqué leur regard sur la question de l’informel qui, rappelons-le, a été plus d’une fois évoqué et dénoncé dans ces mêmes colonnes.

Une politique publique est à ce titre engagée, à même de permettre une bouffée d’oxygène double d’une part pour l’activité commerciale proprement dite, qui souffre le martyre à cause de ce mal qui la gangrène et, d’autre part, pour ces piétons qui, eux, mettent carrément en danger ce qui leur est le plus cher, contraints bien sûr par ces squatteurs de trottoirs à emprunter la chaussée, d’où l’abondance des accidents.

Les services de sécurité de la daïra d’Akbou sont à pied-d’œuvre depuis samedi 18 novembre, date de rentrée en vigueur de l’application de cette loi, selon une source bien informée, et tentent du coup d’appliquer en bonne et due forme ces mesures de délocalisation non sans que les concernés n’affichent leur ire.

Approché, un vendeur-squatteur, qui s’est spécialisé dans la vente et la réparation des téléphones portables, n’a pas caché ses emportements et ses incartades en portant un doigt accusateur sur l’ébauchier même de cette loi qui, selon les dires de notre interlocuteur, ne s’est pas penchée sur le devenir de cette frange de la société et des conséquences qui en découleront.

Un autre vendeur illégal n’hésite pas quant à lui de rétorquer : « A partir de là on nous pousse à renforcer les rangs des dealers de drogues et d’aller voler… » Contrairement à ces deux témoignages, un commerçant, cette fois-ci légal, s’est dit très content par ce projet et a ainsi félicité les Pouvoirs publics d’avoir mis fin à cette concurrence illicite qui n’a épargné pratiquement aucune activité commerciale.

Pour clore ce recueil de témoignages, on ne peut se passer du « enfin » des riverains, lequel résonne tel un parfait accord, majestueusement plaqué par un virtuose pianiste dans l’oreille de l’Akboucien. « Pourvu que cette loi qui rétablit le simple citoyen de cette localité dans son droit dure dans le temps », nous a déclaré un Akboucien.

On déplore, par contre, l’absence du corps associatif et sa non-implication dans une telle démarche comme structure d’accompagnement effective et sensibilisatrice. Nulle association n’a daigné lever le petit doigt pour participer en menant une campagne de sensibilisation auprès de la société civile et ainsi rétrécir le fossé entre les différents acteurs concernés par cette loi.

N’est-il pas du droit du citoyen de se promener sans se faire faucher par un véhicule ? En attendant, une hirondelle ne fait pas le printemps.

Amirouche B.