De nouveau la transcription de tamazight

Comme le monstre du Loch Ness ou le Serpent de mer, le problème de la transcription de tamazight ressort de nouveau. Pas moins de deux colloques sont prévus à Alger pour décembre prochain et les débats promettent d’être houleux.

Pourtant, on croyait cette question réglée : la Kabylie, qui réunit des berbérophones algériens, et qui jusqu’ici a été la seule à militer pour la reconnaissance de tamazight et à faire les sacrifices pour la cause a définitivement opté pour le caractère latin. La totalité de la littérature produite en kabyle ainsi que les recherches académiques et universitaires se sont faite dans cette écriture.

C’est aussi dans cette écriture que se fait l’enseignement aussi bien dans les écoles que dans les départements de berbère des universités de Tizi Ouzou et de Béjaïa. Certains milieux, après avoir échoué à imposer les caractères arabes pensent aujourd’hui faire passer les caractères tifinagh, sous couvert d’authenticité et sous prétexte aussi que c’est ce caractère que le Maroc a choisi : or, comme chacun le sait, opter pour le tifinagh, c’est réduire considérablement le champ d’action de cette langue, limiter son déchiffrement aux seuls écoliers à qui on enseignera ces caractères. A l’ère de l’Internet et des SMS, le latin s’impose comme système de communication entre les langues les plus variées. Dans les pays commes le Niger ou le Mali où le touareg est langue officielle, parmi d’autres africaines, on s’est mis progressivement au latin, jugé plus performant et plus moderne !

S. Aït Larba