Alors que l’on se dispute sur les caractères à adopter pour tamazight –arabe, latin ou tifinagh- la ‘’société » à laquelle on se réfère souvent pour trancher le conflit, donne sa réponse : c’est le caractère latin et lui seul que l’on emploie. Le lecteur berbérophone en a peut-être fait lui-même l’expérience, en écrivant ou en recevant des SMS ou des E-Mail en kabyle : c’est l’alphabet latin qui est utilisé, et il faut le reconnaître, avec parfois des innovations géniales.
Ils ont ainsi simplifié l’écriture, en supprimant les points diacritiques (point sous le h, le d, le t etc. ), les remplaçant par l’accent à côté de la lettre. Ils reviennent aussi au principe ancien qui consiste à transcrire un son par deux lettres : ainsi gh à la place de l’om « ga grec et surtout le chiffre 3 à la place de l’épsilon pour transcrire ‘aïn ! Pour une innovation, c’en est une ! Il existe pourtant, au niveau du texto des polices spéciales mais on ne veut pas les utiliser : c’est le tout latin ! Et si c’était finalement cela, l’alphabet : non pas un système de savants, destiné à transcrire la moindre nuance, le moindre son, mais un système d’écriture adapté, une convention… Ni le français, ni l’anglais, ni l’allemand ne transcrivent tous les sons qu’ils écrivent, pourquoi le ferions-nous ? Au lieu de se perdre dans des discussions stériles, ne convient-il pas de prendre en considération les moyens utilisés par les locuteurs pour résoudre les problèmes qui se posent à eux ?
Des problèmes pratiques auxquels ils essayent d’apporter des solutions pratiques !
S. Aït Larba
