5 ans de prison pour avoir tiré sur son voisin

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Suite à une bagarre inachevée entre deux voisins A. A., qui avait reçu un coup de manche de pioche sur la tête court chez lui charger son fusil d’une cartouche de grains de plomb et ressort quelques minutes plus tard tirer sur son protagoniste, qui attend toujours devant sa porte, le manche de pioche encore à la main.

C’est cette affaire de tentative d’homicide avec préméditation que le tribunal criminel près la cour de Béjaïa a eu à examiner hier. Le procureur général a requis la peine de 20 ans de réclusion criminelle.

Mais le juge, après délibérations où il a procédé à la reformulation de l’accusation à savoir, délit de coups et blessures volontaires, a prononcé un verdict de 5 ans de prison ferme assortis d’une amende de 10 000 DA.

Les faits remontent au 25 mai 2005, vers 9 h du soir à Akbou lorsque l’accusé A. A., 64 ans, marié, père de 4 enfants, est allé frapper à la porte de la victime M. M., 43 ans, marié, habitant une maison louée auprès de l’oncle de l’accusé.

A. A. faisant partie de l’ancienne génération est, selon la défense, intraitable sur les question de l’honneur de la famille ; il est allé se plaindre auprès de son voisin M. M. de son comportement pas très honorable vis-à-vis de sa femme et colporterait soi-disant des propos mensongers Celui-ci n’acceptant pas que de tels propos soient répandus au sujet de sa femme, propos qui font de lui un lâche et c… eut une réaction brutale vis-à-vis de son voisin. Et une bagarre d’une rare violence s’engage alors entre les deux hommes. M. M. se saisit d’un manche de pioche et assène un coup sur la tête de son adversaire qui se sauve chez lui pour revenir un quart d’heure plus tard, selon ses déclarations, avec un fusil de chasse et tirer à terre seulement pour faire peur soutient-il. Les graines de plomb atteindront la victime à la cheville et emporteront, précise la partie civile, 4 cm de chair.

Au cours de sa plaidoirie, l’avocat de la victime insistera beaucoup sur le fait que dans cette affaire son client est deux fois victime. D’abord victime d’une tentative d’assassinat qui s’est terminée par une blessure au pied, qui après 550 jours de soins tarde encore à guérir et qui risque d’être amputé et ensuite l’accusé à porté atteinte à son honneur en colportant des mensonges gravissime sur son épouse.

Quant au procureur général, il a axé son intervention sur l’intention bien arrêtée de l’accusé de tuer sa victime. Pour preuve, il dira que l’accusé est allé jusqu’à sa demeure, charger son fusil et revenir tirer sur sa victime il ajoutera que si son intention était seulement de faire peur, pourquoi n’a-t-il pas alors tiré en l’air.

Mais la défense, qui est d’un tout autre avis, soutient au contraire que l’accusé n’avait ni l’intention de tirer, ni même celle de blesser, mais seulement de faire peur. Sinon comment expliquer qu’un chasseur puisse rater une cible à seulement 4 mètres de distance. Il aurait pu viser la tête ou le ventre. Mais il a tiré à terre et il a atteint sans doute sans le vouloir la cheville de la victime, c’est un endroit situé à seulement 5 cm du sol. Et les plombs qui sont toujours dans la chair de la victime sont la preuve qu’ils n’ont atteint le pied de la victime qu’après avoir ricoché sur le sol.

A la fin de sa plaidoirie, il demande l’application de larges circonstances atténuantes pour son client.

B. Mouhoub

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