Le taux de chômage demeure élevé

En raison d’une sorte de rétention de l’information imposée par le ministre de tutelle, il est pratiquement impossible aux correspondants locaux de presse d’avoir une idée précise sur le taux de chômage dans n’importe quelle wilaya d’Algérie.

Se contentant de généralités, tout responsable des directions de l’emploi à l’Est d’Alger, à titre d’exemple, fera état de l’augmentation du nombre d’investissement publics, ayant permis surtout depuis 2003, de faire baisser le taux du chômage. Le taux de celui-ci considéré comme étant le rapport de la population inoccupée à la population active, a sensiblement baissé à Boumerdès, selon une source proche de l’administration concernée, pour se stabiliser en 2006 à hauteur de 13%.

En plus du Programme national de développement agricole (PNDA) favorisant grâce à des investissements colossaux, le travail lié à la terre en zone semi-rurale, d’autres créneaux comme les travaux publics et le secteur du bâtiment auront assuré la création de centaines de postes d’emploi, ici et là. A vue d’œil, le nombre d’entreprises engagées dans la reconstruction post-séisme dépasse au bas-mot la cinquantaine, à l’Est de la capitale. On aura donc recruté une masse d’ouvriers qualifiés ou simples manœuvres et un nombre non moins important de cadres, ingénieurs, techniciens ou spécialistes en gestion pour le parachèvement de ladite opération, s’ajoutant au programme de construction d’autres quotas de logements sociaux. Mais la rue regorge toujours de nouveaux chômeurs. Et le chômage n’est pas toujours le lot de personnes non qualifiées ou analphabètes.

Qui n’a pas en tête un bon nombre de camarades universitaires faisant constamment le parcours du combattant pour trouver un emploi hypothétique et d’autres encore n’ayant plus cette patience de suivre leur dossier déposé depuis belle lurette au niveau des structures étatiques chargées de l’investissement dans le cadre de l’emploi de jeunes.

« Il m’est arrivé de travailler comme gardien dans une exploitation agricole privée juste pour gagner quelques sous », avoue Ahmed titulaire d’une licence d’anglais depuis quatre ans. « Mon diplôme a fini par se froisser à force d’être trimballé », ironise une jeune universitaire croisée dans un des services de la wilaya de Boumerdès. Comme bien d’autres jeunes d’Algérie, elle ne voit encore aucun avenir se profiler pour elle à l’horizon.

Salim Haddou