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Un bel exemple à Tazrouts

Les bénéficiaires de l’opération “habitat rural” au niveau des régions montagneuses ne cessent d’attirer l’attention des responsables sur les nombreuses difficultés qu’ils rencontrent.

Les conditions qu’on leur impose sont tellement ardues que la plupart de ces éventuels constructeurs sont découragés avant même d’avoir entamé les travaux. Ils attendent de voir venir un quelconque assouplissement de la procédure. Malgré tout, un citoyen de la commune d’Abi Youcef a réussi à monter une coquette petite maison qui a suscité l’admiration de ceux qui y sont entrés.

Ces visiteurs n’ont pas tari d’éloges envers le propriétaire de l’habitation à laquelle il ne reste plus que les dernières retouches. “Elle sera terminée, dit-il, dès que la CNL débloquera la troisième tranche de l’aide de l’Etat” Pour ce faire, le bénéficiaire de cette formule doit présenter une attestation d’avancement des travaux délivrée par la SLEEP.

Le service en question ne peut cependant répondre favorablement, à la demande du constructeur, invoquant les instructions régissant ce genre de constructions.

En effet, dans les textes, il est précisé que le logement réalisé dans le cadre de l’opération “habitat rural” doit être construit sans garage ni étage et surmonté d’une charpente avec couverture en tuiles. Or, notre hôte, prévoyant l’extension de sa maison, l’a recouverte d’une dalle. Un faux problème qui vient perturber la sérénité des futurs habitants.

L’Etat, donne-t-il d’une main pour reprendre de l’autre ? On n’ose le croire. D’ailleurs, Monsieur Mazouz, wali de Tizi Ouzou, a réagi contre ce genre de “freins” approuvant le chef de daïra d’Aïn El Hammam à qui il a demandé de se substituer, le cas échéant, à ceux qui freinent l’opération. “Laissez les gens construire” ajoutera-t-il à l’adresse des responsables.

Les citoyens concernés par l’opération attendent de pareilles décisions depuis longtemps. A Aïn El Hammam, région montagneuse par excellence, les terrains constructibles ne sont pas légion. La plupart des propriétés sont étroites et se trouvent dans l’indivision entre plusieurs frères. Ce qui contraint ces derniers à opter pour des bâtisses à plusieurs étages. Ils sont de ce fait exclus de l’aide de l’Etat.

Souvent, ce sont de simples ouvriers qui logent dans des conditions déplorables et ne s’en sortent qu’avec une aide extérieure. Ils ne peuvent par leurs propres moyens, acquérir de terrain dont les prix dépassent l’entendement. A-t-on le droit de les condamner à vivre ainsi parce qu’ils sont pauvres ?

La configuration du relief, conjuguée au mode de vie des montagnards font qu’il est difficile, voire impossible d’appliquer les mêmes textes à Aïn El Hammam qu’à Tizi Ouzou ou Alger. Un assouplissement des conditions d’accès à l’aide à l’habitat rural donnerait un élan prodigieux à l’opération qui, pour le moment, accuse un grand retard. Les citoyens attendent du premier responsable de la wilaya le déblocage de la situation.

Nacer B.

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