La Chaîne III de la Radio nationale a ouvert hier matin son antenne au président de la commission consultative pour la promotion et la protection des droits de l’homme (CCPPDH), Farouk Ksentini, qui a passé en revue quelques sujets relatifs à la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, ainsi que l’état d’urgence et les ONG internationales. Les personnes détenues entre 1990 et 1994 dans les camps de concentration du Sud et les enfants nés dans les maquis constituent les deux catégories des oubliés de la charte. S’agissant de la première catégorie, le président de la CCPPDH, a déclaré que son institution a enregistré un nombre considérable de requêtes. « Quelque 18 000 personnes étaient internées au Sud, sous la forme d’une détention administrative avant d’être relâchées sans avoir été même jugées et dont la culpabilité n’a jamais été reconnue », a-t-il déclaré. L’invité de la Chaîne III, a fait savoir que la commission a transmis leurs doléances au premier magistrat du pays. « Ces personnes ont connu un préjudice matériel et moral incontestable, et elles ont saisi la commission par une requête dans laquelle elles estiment avoir été injustement internées et demandent réparation. Nous avons transmis leurs doléances à Monsieur le président de la République en appuyant la requête d’un commentaire qui insiste sur l’aspect totalement légitime de ces revendications ». Toujours, selon Ksentini, leur dossier est entre les mains du président de la République qui « prendra les bonnes dispositions au moment opportun ». Sur un autre chapitre, et concernant les enfants nés dans les maquis dont l’affiliation a été validée, le président de la CCPPDH a tenu à préciser que « la Charte donne au Président le droit de prendre les dispositions qu’il jugera nécessaires en temps opportun », tout en précisant que leur nombre n’excède pas les 200.
M. Ksentini s’est inscrit en faux contre tout ce qui a été dit sur le maintien de l’état d’urgence, mis en vigueur faut-il le rappeler depuis1992. Pour lui, ce qui a été développé l’a été « d’une manière tout à fait maladroite et malintentionnée », et n’entrave en rien l’exercice des droits fondamentaux. Il dira à ce propos que « la seule restriction, en fait, est celle se rapportant aux marches qui sont soumises à une autorisation au préalable. En revanche les autres libertés sont intactes et n’ont jamais été violées ». L’interdiction de ces dernières est selon Ksentini, d’ordre sécuritaire. « Le premier droit de l’individu, c’est le droit à la sécurité. Il faut reconnaître que les rassemblements et les marches sont susceptibles de constituer, pour les terroristes, une cible de choix, et pourraient engendrer un grand nombre de victimes », a-t-il déclaré. Saisissant l’occasion à la volée, Me Ksentini a demandé aux ONG internationales, de présenter leurs excuses à l’Algérie et ne pas se contenter uniquement de faire des mea culpa. « Ces dernières années, ces ONG tentent de revenir et disent avoir mal compris les choses et tentent, aujourd’hui, de faire leur mea culpa « . Et d’ajouter : “Mais, je considère cela comme insuffisant car je pense que ces ONG, contre lesquelles je n’ai aucun préjugé, doivent présenter des excuses à l’Algérie parce qu’elles ont contribué à ternir son image sur la base d’une appréciation qui s’est avérée totalement erronée ».
Salah Benreguia
