Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, la commune de Mizrana qui dort sur une immense richesse de chêne liège capable d’assurer, à elle seule, son développement, demeure pauvre et à la limite du terme » mendiante » du comité technique de wilaya, car, dépourvue de toutes infrastructures capables de générer des fonds et de l’emploi. Une richesse, pour précision, demeurée longtemps ignorée en raison de la situation sécuritaire et qui est aujourd’hui partiellement exploitée.
La commune tire son nom du massif forestier constitué de chêne liège et qui couvre 70% de son territoire environ. En termes d’exploitation, le chêne liège représente une manne indéniable et inépuisable. Mais, malheureusement, son exploitation n’a jamais profité directement à l’APC en question. En effet, comme les entreprises qui exploitent ce noble matériau, ne sont pas domiciliées dans la commune, Mizrana ne tire de fait aucun dividende fiscal. Aussi, au lieu d’être une locomotive de développement, le nom de cette forêt, splendide et opulente, est aujourd’hui synonyme de peur, de violence, de régression et de terrorisme pour les habitants autochtones. La noble matière première a été exploitée l’année passée, en partie, par l’Observatoire national des forêts qui, au terme de la saison, a réalisé, selon les informations en notre possession, un chiffre d’affaires qui avoisine au bas mot les six milliards de centimes. Un pactole qui va directement au Trésor public pour être redistribué par la suite sans que l’APC de Mizrana, qui connaît un cruel besoin de fonds pour asseoir son développement, ne puisse prélever ne serait-ce qu’un centime de plus que le quota qui lui sera alloué ultérieurement en dépit de la richesse qui « recouvre » son sol.
En outre, à préciser que l’exploitation n’a touché qu’une infime partie de l’immense forêt, des abords essentiellement, du fait que l’intérieur de cette dernière est toujours truffée de bombes et de mines anti-personnels installées par les terroristes qui s’étaient rendus maîtres des lieux depuis le début des années 90. Le reste demeure impénétrable, ce alors que certains lieux situés dans les clairières, à l’intérieur de cette mer verte, ont même été exploités illégalement par des groupes d’individus sans foi ni loi, peut-être même de connivence avec les sanguinaires du GSPC. Aujourd’hui, à Mizrana, pour attirer l’attention des pouvoirs publics, la population pose la problématique autrement : si la forêt n’existait pas, les habitants auraient profité de tout cet immense espace pour faire de l’agriculture, l’exploitation des carrières entres autres pour sortir de leur précarité. A noter enfin que même le Plan de proximité de développement rural (PPDR), pourtant en vigueur depuis des années dans les autres régions du pays, n’a pas encore été appliqué dans aucun village de la commune. Conséquence : Mizrana possède un sol très riche, mais une APC pauvre, très pauvre même…
G.M.
