Perpétuité pour avoir tué sa sœur de 12 ans après avoir abusé d’elle

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Parce que les voisins faisaient courir le bruit que ses deux sœurs, R.L. 21 ans et R.R. 12 ans, ont un comportement peu honorable dans le village, l’idée lui vient selon l’exposé des faits, de les supprimer. Le jour où il décide de passer à l’action, comme la sœur aînée était absente de la maison, il emmène la cadette dans la forêt où d’après l’accusation, après avoir abusé d’elle avec violence, il lui fracasse le crâne de plusieurs coups de manche de pelle.

C’est cette affaire que le tribunal criminel près la cour de Béjaïa a eu à examiner hier en appel.

Lors du premier jugement lequel s’est déroulé le 30 novembre 2004, l’accusé sur qui pesaient les accusations d’homicide volontaire avec préméditation et viol de mineure de moins de 16 ans, a été condamné à la peine de réclusion criminelle à perpétuité. Hier c’est la même peine qui a été prononcée, bien que le procureur général, après une longue intervention ait requis la peine capitale contre l’accusé.

Les faits, qui ont eu pour théâtre le paisible village d’Aït Maâmar dans la commune de Taourirt Ighil, remontent à la journée de 23 décembre 2003.

Ce jour-là, selon le procureur général, sous prétexte de ramasser du bois pour le chauffage, la grande sœur étant en visite chez sa tante, il emmène la petite dans la forêt. Arrivé sur les lieux, il conseille à R. A.,leur frère âgé de 11 ans, qui les avait accompagnés dans la forêt pour les aider dans ce ramassage du bois, de ne rien dire à personne car il va tuer ce jour R. R. pour sa mauvaise conduite. R. A., malgré son jeune âge a tenté en vain de l’en dissuader.

Vers quatre heures de l’après-midi, à l’orée de la forêt selon les déclarations de R.A. à la barre, alors qu’ils s’apprêtaient à regagner la maison, l’accusé R. M. assène, de toutes ses forces, un coup de manche de pelle sur le crâne de sa jeune sœur.

Le procureur général précisera au cours de son réquisitoire, que la victime a reçu 14 coups au total, 5 au cou, 5 autres à la tête et 4 autres encore dans le cou. Son forfait accompli, alors que son jeune frère court à la maison pour informer ses parents de ce qui venait d’arriver, il s’est mis à traîner la victime dans la forêt sans doute pour cacher sa dépouille avec des feuilles mortes. C’est d’ailleurs les traces laissées par corps traîné et le sang répandu sur le sol qui ont permis aux gens du village, venus aider le père de la jeune fille, de retrouver le corps de la victime. S’appuyant sur le certificat médical établi le médecin légiste, le procureur général parlera également de traces de sperme trouvés dans l’anus de la victime.

A la barre, cependant l’accusé niera de la façon la plus ferme, tout ce qui lui est reproché en rapport avec un quelconque acte sexuel avec sa sœur.

Il reconnaît néanmoins avoir frappé sa sœur avec un manche de pelle mais son intention n’était pas de la tuer mais seulement de la corriger.

Dans son réquisitoire, le procureur qui a relevé plusieurs contradictions dans les déclarations de l’accusé a surtout insisté sur le fait que la victime, qui est la sœur de l’accusé, était âgée de 12 ans seulement, elle n’était donc même pas pubère et ignorait tout de la chose sexuelle.

Quant à la défense assurée par maître Hama, elle a surtout plaidé la non-préméditation du meurtre et la requalification de l’accusation en coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Il soulignera également le fait que beaucoup de zones d’ombre entoure ce viol de mineure de moins de 16 dont est accusé son client. Aux termes de sa plaidoirie qui aura duré près de 30 minutes, il demande au juge de faire bénéficier son client des circonstances atténuantes les plus larges.

B. Mouhoub

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