Célébration du 46e anniversaire des événements du 11 décembre

Comme à l’accoutumé, en l’absence d’autres acteurs auxquels échoit le rôle d’animer la société, c’est encore une fois l’Association Amgud qui a pris l’initiative louable de célébrer le 46e anniversaire des événements douloureux du 11 décembre 1960. En effet, l’activité s’est limitée à une conférence autour du thème donné en direction notamment des élèves des classes de terminale des lycées de la ville. C’est Lakhdar Bourgaâ, auteur du livre Témoin sur l’assassinat de la révolution, et membre fondateur du FFS et opposant à la prise du pouvoir par l’armée des frontières, qui a été invité pour animer cette rencontre avec des lycéens au niveau de la Maison de jeunes Arezki-Mansouri. Dans son intervention, le conférencier a d’emblée signalé à l’assistance que la wilaya 3 historique était celle qui avait donné le plus de martyrs pour la révolution en qualité et en nombre. Tout en développant le thème sur lequel il intervenait, l’orateur a insisté, en s’adressant notamment aux jeunes, sur le fait que le meilleur investissement que puisse faire un état est celui qui concerne l’éducation de la jeunesse afin qu’elle soit en mesure de relever les défis. « L’histoire est un repère ou encore une carte géographique à laquelle doit se référer tout un chacun pour qu’il n’y ait pas de dérapages comme ceux que nous vivons actuellement.

Des gens qui démolissent même les ponts — allusion faite aux terroristes d’aujourd’hui — ne sont pas vaccinées pour aimer leur patrie », a-t-il martelé en face de toute cette jeunesse restée ébahie devant cette intervention. Au passage, M. Bourgaâ n’a pas ménagé ceux qui ont recouru à la force pour prendre le pouvoir et s’accaparer de la Révolution. « Ce sont des gens qui n’ont pas compris le sens de la Révolution : ils ont trahi », a-t-il enchaîné, avant de dire à ces jeunes que la Révolution avait traversé des moments très difficiles. La lutte a été marquée par trois étapes cruciales. De 54 à 56, c’était du flou, surtout que l’organisation et la communication manquaient, a-t-il révélé en premier lieu.

Et d’ajouter : « La période suivante, de 56 à 58, était mieux organisée depuis l’élaboration de la plate-forme de la Soummam ». A cet instant, M. Bourgaâ a fustigé ceux qui critiquent l’artisan de la plate-forme feu Abane Ramdane.

Parlant encore de ce dernier, le conférencier l’a qualifié d’intelligent car il a pu réunir tous les autres leaders de la Révolution. « Enfin, conclura-t-il, l’étape la plus difficile était celle entre 58/60 car plus de 80% de moudjahidine avaient trouvé la mort. Et c’est à ce moment que la Révolution algérienne a mis fin à la 4e République pour donner naissance à la 5e République de De Gaulle ». Le conférencier s’est attardé quelque peu justement sur les événements du 11 décembre. En tout cas, cette conférence a été apprécié par les élèves qui l’ont trouvée importante du fait qu’ils ignoraient beaucoup de choses à ce sujet.

De telles rencontres ne sont qu’à encourager en vue de sensibiliser les gens sur cette période de l’histoire du pays.

Amar Ouramdane