Le retour de l’enfant prodige

On peut avoir la nationalité française, américaine, égyptienne et rester profondément algérien, on peut avoir quitté le pays depuis des dizaines d’années, avec l’idée de ne plus y retourner et y retourner.

La nationalité, finalement, ce n’est pas seulement celle que l’on porte sur sa carte d’identité, c’est celle qu’on a dans son cœur. L’exemple en a été donné par Zidane, la star du football mondial qui, au fait de sa gloire et de sa fortune, n’a théoriquement pas besoin de l’Algérie : mais comme l’Algérie habite son cœur, il y est revenu et a donné libre cours à son émotion.

Emotion de retrouver une terre où il n’est pas né mais dont l’amour lui a été transmis par ses parents, émotion de retrouver un peuple qui le reconnaît comme sien et le lui montre avec chaleur, émotion aussi de recevoir l’hommage d’un Président qui a su, au cours de ses mandats, porter haut les valeurs de paix, de réconciliation et de fraternité et reconnaître les mérites des hommes et des femmes de ce pays.

Zidane a vécu, en 1998 des bains de foule encore plus grands qu’à Boumerdes ou à Thenia, il a été reçu par le président de la République française, on l’a adulé, couvert d’honneurs, porté aux nues, mais l’accueil qu’il a reçu sur la terre de ses ancêtres est encore plus fort, parce qu’ici, on ne voit pas seulement en lui le footballeur de génie, on voit aussi l’homme, l’enfant du pays que l’on a plaisir a revoir après tant d’années d’absence !

S. Aït Larba