Béjaïa mène la révolte

Mme Fatima Attoumi, présidente de l’Association des donneurs de sang (ADS) de Béjaïa donne le ton de ce que sera son point de presse, exclusivement aux pratiques d’une fédération qui fonctionne en marge de toute légalité, à l’image d’une satrapie.

Tout a débuté en fait à partir du moment où Mme Attoumi, arguant de sa qualité de membre fédéral a interpellé le secrétaire général de la FADS quant à la représentativité de l’Algérie à la Fédération internationale des organisations des donneurs de sang. « Notre pays, quelque paradoxal que cela puisse paraître, se fait représenter par… le Maroc ! C’est une question de souveraineté, voire de nif » dira la conférencière. Ce qui apparemment n’a pas été du goût du SG qui s’est alors lancé dans une entreprise de négation pure et simple de la personne de Mme Attoumi et de son œuvre admirable accomplie à Béjaïa. Bien peu en effet, peuvent se targuer d’avoir à 101 reprises donné un peu de leur vie ! « La réaction du SG a été rapide et disproportionnée par rapport à mes nombreux questionnements légitimes au demeurant. J’ai d’abord été radiée de l’instance fédérale par un conseil de discipline fantoche, puis la fédération ou ce qu’il en reste, jugeant sans doute la sanction pas assez sévère a remis en cause la légalité de ma reconduction au poste de présidente de l’ADS de Béjaïa en provoquant une AG élective complaisante à souhait le 16 décembre écoulé pour asseoir en toute illégalité un nouveau bureau ». Cette longue diatribe, débitée d’un trait vient comme pour appuyer la déception profonde résultant d’un fort constat où l’ingratitude et la bassesse de disputent la pole position ! Prenant la relais, Mohamed Cherif Touhouche, SG de l’ADS de Béjaïa et trésorier de la fédération avant sa démission admet volontiers que les textes ont été à l’occasion piétinés et bafoués, la loi 90/31 sur les associations notamment qui stipule dans l’une de ses dispositions qu’aucune décision n’est entérinée sans l’aval de l’AG. Pour lui la donne est claire : « La FADS solde ses comptes avec une figure emblématique du mouvement caritatif, dans son acception la plus noble et la plus altruiste ». Poussant le bouchon plus loin, la conférencière souligne avec force conviction les contradictions et les aberrations d’un SG qui tout en justifiant le non-paiement des cotisations de la FADS à la Fédération internationale, une vétille puisque ne dépassant pas 160 euros par le manque de moyens, effectue des retraits bancaires, sur le compte de la fédération, atteignant 25 millions de centimes parfois, en espèces. « Pour quel usage s’interroge Mme Attoumi e pourquoi en espèces ? »

« Quant aux dons des mécènes et autres bienfaiteurs, nous ne connaissons guère plus leur destination » ajoutera la conférencière.

En conclusion, Mme Attoumi, après avoir fait le serment de ne jamais baiser les bras, quel qu’en soit le prix, lance un appel à tous ceux qui ont fourni un don, de quelque nature qu’il soit de se faire connaître pour qu’un inventaire, patrimoine des seuls donneurs de sang soit établi, avant la tenue d’une AG dont elle exige solennellement la tenue du fait même de la vacance de quatre membres sur sept au bureau exécutif, qui l’eut cru ? Ce scandale qui a des relents de mini-scandale de l’ARC, qui en son temps a fait les choux gras de la presse française, est révélateur de pratiques que la noblesse d’une fédération regroupant des bénévoles au grand cœur interdit en principe. Ce remue-ménage en tout cas ne présage rien de bon car les donneurs de sang risquent tout simplement de se détourner de l’objet initial de leur engagement : le don de sang.

Mustapha R.