“Contrôlez-nous et laissez-nous vivre honnêtement”

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Une semaine après la décision prise par le département du commerce et annoncée par le ministre de la tutelle, El Hachemi Djaâboub, à l’occasion de l’ouverture de la foire de la production nationale, les exportateurs des métaux ferreux et non ferreux, réagissent à cette interdiction de leur activité qui entrera en vigueur à partir de janvier 2007.

Lors d’une conférence de presse animée, avant-hier, à l’hôtel Hilton par Noureddine Sergoua, porte-parole de l’association Ecorec qui a attend toujours son agrément suite au dossier déposé depuis des mois au niveau du ministère de l’Intérieur, les exportateurs et récupérateurs des déchets ferreux et non ferreux ont présenté l’impact aussi bien économique que social de l’arrêt des exportations de ces métaux et énuméré les arguments qui plaident en faveur de la préservation de cette activité.

L’orateur qui a reconnu que des dépassements et des malversations existent au sein de la corporation, notamment en matière des prix, du rapatriement des devises de la valeur et qualité de produits, en raison entre autres, du manque des procédés du contrôle et de la malveillance de certains opérateurs qui profitent des lacunes juridiques pour asseoir leur commerce illicite, soulignera que cet état des choses ne justifie aucunement l’interdiction de leur activité.

Il ajoutera que l’ampleur qu’ont pris ces derniers temps les opérations de vol de câbles, de rails…ainsi que les nombreuses affaires liées aux faux registres du commerce, aux prête-noms et à l’argent non rapatrié devrait être appréhendée d’une manière différente par les pouvoirs publics afin de remédier à cette situation qui pénalise en premier lieu les exportateurs et récupérateurs honnêtes et les milliers d’employés qui vivent de cette activité. Parlant la langue des chiffres, M.Sergoua affirmera que l’exportation et récupération des métaux ferreux et non ferreux qui assure au Trésor public des revenus s’élevant à des millions de dollars en se plaçant même parmi les trois premiers secteurs d’exportation hors hydrocarbures, garantit plus de 40 000 emplois directs et indirects et contribue d’une manière très efficace dans la protection de l’environnement en débarrassant, chaque année, la nature de plus de 200 000 tonnes de déchets, qui seront vite récupérés, traités et exportés. Cela sans citer la nouvelle dynamique qu’a insufflé cette activité à, au moins onze ports  » fantômes « , à l’image de celui de Ténès et de Dellys qui se voient ainsi revivre grâce à cette activité.

Presque sur un ton de prière, le représentant de l’Ecorec, sollicite les pouvoirs publics de préserver l’avenir des milliers de personnes vivant de cette activité en  » s’excusant  » auprès des autorités concernées pour les dépassements observés par certains opérateurs de la corporation et s’engage à respecter et appliquer les lois de la république en dénonçant toute infraction. Il dira même que  » les exportateurs honnêtes  » sont les premiers à se révolter contre ces pratiques et que la corporation qu’il représente a, en ce sens, préparé un dossier consistant contenant vingt et une mesures à prendre afin d’endiguer ce fléau qui n’est propre, ni à cette activité, ni à l’Algérie.

Par ailleurs, l’Ecorec lance un appel à leur tutelle pour l’élaboration, avec la collaboration des différentes parties concernées, d’un cahier des charges qui réglementera la profession et leur permettra d’activer dans un environnement sain et transparent, et cela à travers notamment l’élimination de certains produits qui pourraient être soumis à autorisation spéciale à l’exportation. Ces produits sont ceux qui relèvent de l’ex-monopole de l’Etat, à savoir les câbles (Sonelgaz), rails (SNTF)…. et qui feront, en vertu de la loi de finances 2007, l’objet d’une soumission préalable à un cahier des charges. En attendant, les exportateurs des métaux ferreux et non ferreux revendiquent de mettre de côté ces produits dits  » sensibles  » jusqu’à ce qu’une solution adéquate soit trouvée par les différents partenaires et de les laisser travailler.

Toutefois, M.Sergoua expliquera que tout ce qui a précédé ne pourrait être réalisé sans le fameux document ; l’argument qui conférerait à l’association de nouvelles prérogatives et lui permettra de procéder au contrôle de l’activité de la corporation, à travers l’identification de l’ensemble des exportateurs, de l’établissement des factures en bonne et due forme pour les produits qui relèvent de l’Etat et de registres de police pour les autres produits achetés auprès des particuliers dans les décharges publiques ou dans les villages et qui sont supervisés par les services des douanes avant chaque opération d’exportation.

H.Hayet

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