Il est difficile de parler de l’habitat rural en ce qui concerne non seulement la localité d’Aït Yahia Moussa plus particulièrement mais toutes les autres qui ont connu les atrocités commises par l’armée française pendant la guerre de Libération avec ses pratiques de terre brûlée. Ainsi, à l’indépendance, cette population rongée par la misère a dû faire face tout d’abord au pain quotidien d’autant plus qu’il fallait aller le chercher au loin pour les chanceux alors que pour les pauvres veuves il fallait attendre que leurs orphelins grandissent. Comme l’Etat ne pouvait pas investir dans des immeubles en pleine montagne, les montagnards qui n’arrivent même pas à subvenir aux multiples dépenses quotidiennes sombrent de plus en plus dans la misère tout en regardant autour d’eux s’élever les nouvelles bâtisses des émigrés qui profitent de l’aubaine du marché parallèle de la devise, crise économique oblige.
Néanmoins, ces dernières années, avec les décisions du président de la République, l’habitat rural à Aït Yahia Moussa connait de grandes avancées. Au demeurant, 390 projets sont lancés dans ce cadre alors que 850 demandeurs attendent leur tour pour bénéficier de l’aide octroyée par l’Etat et qui s’élève à 50 millions de centimes. “Depuis que le volet de l’habitat rural a été pris en charge et géré par M. Boughedda qui est un de nos élus, nous ne rencontrons pratiquement aucun problème car c’est lui qui se charge de toutes les fastidieuses démarches auprès des organismes concernés et qui se trouvent loin d’ici. Nous, nous ne faisons que récupérer nos chèques”, nous confient plusieurs citoyens de la localité.
Par ailleurs, nos interlocuteurs qui ont bénéficié de cette aide ne se sont pas empêchés de nous entretenir des difficultés qu’ils ont rencontrées pour démarrer leurs travaux d’autant plus qu’il leur a été demandé de “fournir” leur participation qui demande à elle seule une somme hors de leur possibilité. “Peut-on construire un minuscule logement soit-il avec 50 millions alors que tout le monde sait qu’avec cette somme il faut payer le transport des matériaux, la main d’œuvre et même l’eau”, se plaignent, désolés ces pauvres pères qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts alors que leur vie se consument, comme ce vieux bois de nos oliviers.
Essaïd N’Aït Kaci
