Il n’y a pas d’urgence aux urgences

Un centre de santé a été implanté depuis quelques mois seulement à côté du CFPA de l’antique Chaba (l’actuelle Ziama) sur un site archéologique dont le sol a été foulé par plusieurs civilisations. Cet édifice destiné à une population dépassant les 16 000 habitants est, à en juger par l’anarchie constatée au niveau de la salle des urgences, loin de répondre à l’attente des malades qui s’y rendent. C’est un véritable tohu-bohu qui y règne, un va-et-vient incessant d’hommes en blouses blanches, médecins et infirmiers le long des couloirs sans savoir exactement qui est qui.

Impossible même de se renseigner. Les malades qui attendent aux urgences sont livrés à eux-mêmes et doivent attendre beaucoup de temps pour être reçus par le médecin. Celui-ci n’est pas toujours présent dans son cabinet. L’infirmier chargé de faire rentrer les malades est également souvent aux abonnés absents.

Cette situation est devenue par la force des choses banale au point où les malades habitués à ce genre de « scénario » semblent l’accepter à leur corps défendant.

Quelques exemples de ce laisser-aller renseignent, si besoin est, sur l’insouciance du corps médical. Une malade sur un brancard qui devait être transférée d’urgence vers un autre hôpital, attendait l’arrivée de l’infirmier ; il a fallu une dizaine de minutes avant qu’elle ne soit prise en charge. Une autre, arrivée précipitamment de Sahel (une localité de Melbou), après une chute de voiture dans le ravin d’Aït Oukhalef (Melbou), qui lui a causé une fracture, devra attendre près d’une demi-heure pour être examinée par le médecin.

Selon l’un des infirmiers qui a daigné nous répondre, « cette situation est provoquée par les malades atteints d’un virus grippal qui affluent et se considèrent comme des cas urgents ». Toutefois, nous voyons mal le rapport ; ce qui est à déplorer, c’est surtout l’absence d’une réelle prise en charge des malades par ceux qui sont censés le faire, c’est-à-dire les infirmiers et les médecins.

Même les cas d’urgence ne semblent pas constituer une urgence. Et c’est là tout le problème.

Sid Ali Djenane