Le chef-lieu de la commune de Bechloul ainsi que ses localités avoisinantes sont en passe de vivre un calvaire sans précédent en matière de transport. Chaque matin, et pour se rendre à Bouira, le voyageur doit s’armer de patience qui peut durer parfois des heures pour obtenir une place dans un bus ou un fourgon. Les arrêts réservés à ce service s’avèrent incapables de contenir le nombre de voyageurs, et de ce fait, certains se voient contraints d’improviser des arrêts pour pouvoir atteindre la destination à temps et échapper bien évidemment aux sanctions administratives. Dans tout cela, ce n’est vraiment pas le nombre de moyens de transport qui manque, à en croire les propos de certains habitants de cette localité qui nous déclarent « nous avons des minibus et des fourgons qui peuvent répondre aux besoins de la population. Mais l’anarchie qui règne en maître dans ce créneau, et le non-respect des horaires par les propriétaires de ces véhicules ont engendré cette crise ». Il faut dire aussi que le transport rural a son lot de difficultés et surtout de risques. En effet, à défaut d’une prise en charge réelle et effective de ce volet par les pouvoirs publics, des transporteurs clandestins ont pris le relais et exercent leur activité sans pour autant prendre conscience des conséquences qui peuvent en découler en cas d’accident. Ainsi, des fourgons de toutes marques desservent alors les localités rurales et des arrêts ont même été réservés à cet effet.
Les citoyens pour leur part, se contentent de la disponibilité de ces moyens. Cependant, voilà qu’une commission de wilaya dépêchée par la direction de transport arrive dans ce chef-lieu de daïra. Ses éléments ont procédé à la vérification des documents de ces transporteurs. Aucun fourgon n’est en possession d’une licence de transport ni même d’un permis de place. Devant cet état de fait, ces contrôleurs n’ont fait qu’appliquer la réglementation en vigueur et ont aussitôt confisqués les papiers de ces véhicules. De leur côté, les transporteurs se sont d’abord rendus au siège de la daïra, puis ont décidé de rencontrer le premier magistrat de la commune.
Ce dernier a provoque une réunion avec ces éléments de la direction des transports en présence des représentants de la sûreté urbaine de cette même localité. Peu après, cette commission a fini par trouver un compromis.
La maire a remis les papiers à leurs propriétaires, mais leur signifia qu’il les réunira dans un délai très proche pour trouver les voies et moyens à mettre en œuvre à l’effet d’exercer cette activité dans la légalité. Néanmoins, ces « fraudeurs » que nous avons rencontrés sur les lieux nous ont relaté toutes les démarches qu’ils ont entreprises pour justement travailler dans la légalité. Cette histoire d’autorisation a été soulevée par ces derniers qui ont vu leur demande rejetée par les services de la direction des transports de la wilaya. Le motif avancé par ce cadre est relatif à la nature du véhicule utilisé et son nombre de places. Selon eux, « les responsables de ce créneau nous ont clairement dit que les fourgons à 9 places ne peuvent en aucun cas être autorisés à exercer cette activité. Nous, notre situation sociale ainsi que notre région ne nous permettent pas de débourser des sommes colossales pour l’achat des fourgons de transport en commun pour circuler dans ces zones rurales ! » Tout compte fait, ces transporteurs se disent prêts à payer leurs impôts et travailler dans le cadre de la loi qui régit cette activité, à condition que les responsables concernés soient compréhensif et prennent en considération tous ces facteurs qui sont en porte-à-faux avec les textes.
M. Smaïl