Boutouab fait partie de ces villages déshérités de la Kabylie profonde qui se comptent par dizaines. Le quotidien dans ce hameau, où vivent quelques centaines d’âmes, est caractérisé par la dureté et le manque des moyens les plus élémentaires. L’enclavement est l’inconvénient le plus décrié par les habitants de ce village, distant selon les dires d’un quinquagénaire qui y est originaire de ce village, d’une dizaine de kilomètres du chef-lieu de la commune de Tamokra. L’absence d’une route goudronnée est à l’origine de tous les problèmes. « Actuellement, nous sommes desservis par une piste non goudronnée qui prend fin au milieu du village », nous dira-t-il. La piste en question a été ouverte à la fin des années 80 et depuis, elle n’a connu aucun entretien. En conséquence, cette situation draine avec elle des inconvénients et pas des moindres. Les écoliers sont les premiers à payer les frais de l’isolement du village. En effet, les collégiens doivent faire le déplacement au chef-lieu de Tamokra par le camion qui assure le ramassage scolaire. « Même les transporteurs privés ne veulent pas desservir ce village. La source du problème réside dans le fait que les autorités locales refusent de considérer le village Boutouab comme un village à part entière », conclut le même interlocuteur. De ce fait, les voyages demeurent pénalisants pour les malades et les personnes âgées, eu égard à l’importante distance qu’ils sont contraints de parcourir à pied avant de prendre un taxi ou tout autre moyen de transport. Outre la route pour désenclaver le village, il est nécessaire aussi de préciser qu’à Boutouab, il y a une absence flagrante de structures publiques, comme un centre de soins, un bureau de poste entre autres.
Mourad Boughanem
