Parmi les localités les plus isolées, les plus reculées, voire les plus sinistrées que compte la commune de Kadiria-est, El Guerariche, située sur le flanc ouest de la montagne qui surplombe Ziraoua, le petit hameau « veille » sur les habitants de Ziraoua et les usagers de la RN 5. Là, quelques familles occupaient et occupent encore des résidences précaires. Ces citoyens implorent les responsables à tous les niveaux de se pencher sur leur lamentable situation, une situation qui dure depuis plusieurs années et qui a été aggravée par les dernières inondations suivies d’un glissement de terrain en 2002. Ces habitations précaires ont subi des dégâts importants. Vu ces dégâts occasionnés par la catastrophe naturelle, les responsables locaux APC et Daïra se sont déplacés sur les lieux et ont constaté de visu ces mêmes-dégâts. Les responsables ont alors demandé aux concernés de s’acquérir un lot de terrain à bâtir tout en bénéficiant d’une aide financière. L’APC de Kadiria ne disposait pas de logements sociaux pour recaser ces familles sinistrées. Puis vint la seconde catastrophe naturelle : le séisme du 21 mai 2003. Ces maisons précaires à l’ossature fragile ont subi d’autres dégâts.
Certaines familles ont quitté les lieux, d’autres (04) y demeurent jusqu’à présent. Celles-ci sont victimes d’une décision émanant du service de l’agriculture (DSA) de Bouira, lequel refuse l’octroi d’un permis de construire sous prétexte que le terrain en question est une parcelle agricole. Il faut signaler que le terrain appartient à un particulier. « Les citoyens se demandent pourquoi la DSA ne s’est pas opposée au moment où ils avaient leur actes de propriété et où encore certains avaient bâti et habité leurs nouvelles demeures », nous a dit un père de famille.
En effet, le 05 /11/2005, la subdivision de l’urbanisme et de la construction (SUC) de Kadiria avait rejeté la demande de permis de construire présentée par les concernés ; ce rejet n’est, en réalité, qu’en application à l’envoi de la DSA qui mentionne : « Le terrain est de bonne potentialité agricole ». Les citoyens s’interrogent : « Comment expliquer l’autorisation de constuire pour certains et son rejet pour les autres alors que ces citoyens possèdent des actes de propriété ? Pourquoi priver ces citoyens du bénéfice de la décision d’éligibilité avec l’aide de l’Etat à l’habitat rural signée par le wali de Bouira en date du 30 juillet 2005 sous le n° 2474/05 de construction : six familles ont bâti des habitations et y résident déjà et deux autres constructions sont en cours de réalisation. S’agit-il de construction licites au illicites ? Le terrain en question est une propriété privée cédée par son propriétaire par acte de vente notifié.
Les quatre familles résident dans un petit hameau enclavé. Lors de notre visite en compagnie d’un citoyen, nous avons gravi un sentier escarpé.
Le village est isolé, les familles sont exposées à différents risques. Ces familles, composées de plus de 30 membres sont sinistrées.
Pour se rendre à l’école de Ziraoua, à quelques kilomètres du village, les enfants se font accompagner par leurs parents car ils passent par un chemin escarpé et traversent la forêt. Aucune voie d’accès ne mène au village. Vu cette situation déplorable et lamentables, les pouvoirs publics devront se pencher sur le cas de ces familles qui vivent la misère.
Les chefs de famille demandent qu’une commission soit diligentée sur les lieux dans l’espoir de leur faire retrouver leur droit, de sortir de l’isolement et de pouvoir construire une habitation.
A. Bouzaïdi
