l L’hiver n’est pas encore installé que les marchands de bois pointent déjà du nez. En effet, le bruit strident des tronçonneuses se fait entendre pratiquement tous les jours dans l’ensemble de la commune de Melbou et ses environs. C’est ainsi que les arbres réputés pour leur beauté et leur résistance, notamment le frêne et le saule au feuillage vert, blanc et bleu sombre, sans oublier le caroubier qui tent à disparaître en dépit de sa grande utilité, sont cédés entre 1000 et 3000 DA à Tassafssaft et ses alentours, parfois cédé gratuitement pour s’en débarrasser, à des marchands de bois venant aussi de Bouandas, daïra relevant de la wilaya de Sétif, région réputée pour ses hivers rudes, où le marché du bois est lucratif, vu le recours des ménages à cette matière combustible en cette période.
Cette nouvelle spéculation fera disparaître, dans un proche avenir, si elle continue, une bonne partie de notre couvert végétal déjà en proie à des incendies répétitifs qui se déclenchent pratiquement chaque année, avertissent quelques esprits avisés. « On n’a même pas épargné le frêne qui constitue une matière importante, voire indispensable pour le bétail », dit un autre.
Cela dit, ce qui est surtout triste, c’est que ces arbres, notamment le frêne et le saule à feuilles caduques, sont très utiles à l’équilibre écologique. En outre, c’est pendant l’été qu’ils commencent à donner des feuilles et c’est à ce moment-là que l’on en a grandement besoin. C’est toujours sous ces arbres que le paysan fatigué trouve le repos et la fraîcheur, le romantique, le bonheur, l’artiste, sa muse et l’animal, un moment de répit. Quand la flore est menacée, la faune l’est aussi et l’homme instigateur de ce massacre en paiera les conséquences.
Par ailleurs, cela n’intéresse apparemment que quelques âmes amoureuses de la nature. Mais, ne dit-on pas, que prendre conscience du danger, c’est déjà solutionner le problème à moitié.
Sid Ali Djenane
