Plus de 150 travailleurs sans salaire

l Après avoir fait l’objet d’un « mépris arrogant » du directeur régional, privés de leur salaire depuis deux mois, les travailleurs de l’entreprise nationale de distribution des produits textiles et de confection (Enaditex), ont observé, hier, un sit-in devant l’unité régionale d’Alger. Lors de son intervention devant un parterre de travailleurs, qui sont venus réclamer le paiement de leurs salaires des mois de novembre et décembre, Benyoucef, secrétaire général de la section syndicale de ladite entreprise, a dénoncé énergiquement les pratiques anti-sociales du directeur régional à l’encontre des travailleurs. « Je ne vois pas pourquoi priver les travailleurs de leur salaire, sachant que l’entreprise à réalisé une recette de 15 millions de DA alors que la masse salariale n’est que de 2,4 millions de DA ? », s’interroge le syndicaliste. Mais comme vous voyez, s’adressera –il à ses camarades, « il ne veut pas vous rencontrer, il refuse de parler avec les travailleurs ». Ainsi donc, la tension est vive chez les travailleurs de l’Enadi Tex. Ces derniers ont condamnés à l’unisson le silence accablant de la direction générale et celui du groupe Tex maco. Les travailleurs protestataires, à en croire les dires de leur représentant, vont interpeller incessamment la SGP Industries manufacturières pour prendre des décisions draconiennes et mettre un terme à cette situation.

Le syndicaliste Tessa, quant à lui, a vivement dénoncé l’attitude du directeur général qui a déclaré, selon ses propos, qu’il va « payer les fournisseurs privés à leur place ». Attitude qui fait réagir les travailleurs qui ont dénoncé, selon l’un d’entre eux, le fait de règler un fournisseur privé et ce, au détriment des travailleurs. « On ne veut pas d’inventaire », scandera une femme syndicaliste. Cette dernière rappelle à l’assistance que les travailleurs de l’Enadi tex, mis à part le retard du paiement de leur salaire, souffrent également « du mépris, du piston et de l’abus du pouvoir du directeur ». « Le strict minimum c’est la sécurité sociale, c’est grave qu’un travailleur d’une entreprise nationale ne soit pas déclaré à la sécurité sociale », regrette-elle.

Par ailleurs, Benyoucef a affirmé que les travailleurs semblent décidés à ne pas faire marche arrière jusqu’au départ du directeur régional. D’ailleurs, enchaînera-t-il, « une assemblée générale est prévue juste après l’Aid, au cour de laquelle il sera question de faire un bilan moral et financier ainsi que de réclamer le départ du directeur régional ». Tout en réitérant voire saluant la position de la fédération nationale des textiles et cuirs, affiliée à l’UGTA qui « nous soutient corps et âme dans notre mouvement de protestation », a conclu Benyoucef.

Ziyad Demouche