Des milliers de logements sont construits chaque année, depuis maintenant plusieurs années, mais à chaque fois le nombre de demandeurs augmente, à chaque fois on parle de l’épineux problème du logement.
C’est un peu comme le tonneau des Danaïdes : on a beau le remplir, il ne se remplit pas ! La question qui se pose est : où vont tous les logements qu’on construit ? Qui en bénéficie réellement ? Il suffit de faire un tour dans les ‘’cités », nouvelles ou anciennes, pour se rendre compte qu’un grand nombre de logements sociaux ou de fonction sont inoccupés, non pas parce qu’ils n’ont pas été distribués mais parce que leurs propriétaires… habitent ailleurs.
Beaucoup d’autres sont loués, sans compter les appartements revendus. Les enseignants, pour lesquels des quotas spéciaux de logements étaient réservés, sont passés maîtres dans ce trafic : certains pouvaient obtenir jusqu’à deux, voire trois logements. Il y a aussi les faux nécessiteux qui ‘’s’introduisent » dans les bidonvilles et se font recenser par les autorités locales pour obtenir un logement.
Des baraques sont ainsi vendues de 20 à 30 millions de centimes. L’investissement est rentable si, au bout, on obtient un logement social qui, lui, coûte de 150 millions à 200 millions, voire plus ! Enfin, il y a les pistonnés, ceux qui disposent de passe-droits et qui peuvent obtenir, sans avoir besoin de le justifier, les logements qu’ils veulent.
Des logements qu’ils vendent ensuite au prix le plus fort. Ce n’est pas faute de logements que les Algériens souffrent du problème du logement, c’est faute de gestion !
S. Aït Larba
