Trêve et guerre des confiseurs

Une fois de plus, les contrôleurs des prix auront été absents dans les marchés : les marchands ne se sont donc pas privé de la tentation d’augmenter les prix –déjà chers- fruits et légumes.

La pomme de terre à plus de soixante dinars, la tomate entre quatre-vingts et cent dinars, les haricots à plus de cent cinquante dinars… Une vraie flambée ! Les gens ont quand même acheté, en rouspétant, en tempêtant, mais ils ont acheté. Peut-on fêter l’Aïd ou le jour de l’An sans les victuailles habituelles ?

Même quand on ne fait pas de folie, le minimum est indispensable pour se faire un peu de plaisir et faire du plaisir aux siens. Sous d’autres cieux, à l’approche des fêtes, les commerçants consentent à baisser les prix des produits les plus couramment consommés pour que chacun puisse participer aux réjouissances : c’est la trêve des confiseurs, qui, s’ils ne baissent pas les prix, consentent à les geler. Chez nous, il faut plutôt parler de la guerre des confiseurs, qui, non contents de nous saigner tout au long de l’année, nous donnent le coup de grâce aux fêtes.

Comment interpréter autrement cette brusque montée des prix du mouton à l’approche de l’Aïd ? On s’était bercé dans l’illusion qu’à cause de la sécheresse des derniers mois, les cours allaient tomber, les éleveurs bradant leurs bêtes : c’est l’inverse qui s’est produit.

Le mouton moyen, naguère cédé à 15 000 dinars, s’est négocié entre 20 000 et 25 000 dinars. La tomate, vendue la veille encore 45 dinars a doublé ! Une fois de plus on s’interroge: que font les services du contrôle des prix ?

S. Aït Larba