La Dépêche de Kabylie

L’eau de l’oued polluée

Tout comme chaque hiver à cette période précise, c’est-à-dire durant la mouture des olives, les eaux des oueds de Tletta qui longent aussi bien les RN 25 que le CW 128 deviennent noirâtres. Si la réalisation de bassins de décantation diminue un tant soit peu leur pollution, il n’en est pas de même pour les huileries qui rejettent leur saumure dans ces cours. Effectivement, aujourd’hui on ne peut plus différencier ces rivières des marées noires. Même si le degré de pollution n’est pas le même, il y a lieu de souligner que cette saumure change le goût de l’eau. Pourtant, de nombreux forages ont été réalisés aux abords des deux rivières précitées. Selon des sources proches des services d’hygiène, les propriétaires de ces huileries ont été à maintes reprises interpellés, en vain. « On a exigé d’aménager des caves pour emmagasiner les rejets. Mais, depuis, les concernés n’ont rien fait », nous a confié le responsable d’un bureau communal d’hygiène sous le couvert de l’anonymat. En tout cas, il n’est pas encore possible d’exiger de telles normes des propriétaires des huileries car il faudrait aussi trouver d’autres voies pour éviter les autres pollutions.

Même si cette année la production oléicole est faible, il y a tout de même lieu de signaler que les quantités de saumure rejetées dans l’oued sont importantes. Quand ces dernières se mélangent aux eaux usées, elles peuvent contaminer l’eau des puits qui alimentent de nombreux villages. Du côté de la rivière qui longe la RN 25 de Maâmar jusqu’au Pont noir, cette pollution ne sera résorbée que lorsque la station d’épuration en cours de réalisation à la sortie de Draâ El Mizan sera opérationnelle. Pour le moment, cet ouvrage est achevé à hauteur de 80% car les sept bassins sont réalisés.

Cette station n’attend plus que les équipements. « C’est l’un des projets que la population des villages de Maâmar et de Tafoughalt avait réclamé depuis des années. Nous n’avons ménagé aucun effort pour qu’il devienne réalité », nous a déclaré un responsable local. Aussi, pour éviter toute transmission de maladies (MTH), il y a lieu de sécuriser ces cours d’eau en veillant au strict respect de l’environnement car en plus des eaux usées qui y sont déversées, d’autres détritus de tous genres y sont jetés.

Amar Ouramdane

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