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Pour l’amour des fleurs

Pendant ses temps libres, Madoui Amar, fleuriste-jardinier, glandouille souvent en solitaire dans la ville d’Akbou, un outil de cultivateur en main. Lorsqu’il aperçoit sur son passage une fleur ou une plante abandonnée, il se met instantanément à l’entretenir.Quand nous nous sommes rendus sur son lieu de travail, à la crèche communale d’Akbou, nous connaissant pourtant à peine, il se met aussitôt à nous parler passionnément de ses plantes bien-aimées comme l’on parle d’un être cher.Il nous montre avec fierté les acacias, mimosas et d’autres arbres qu’il y a plantés. Cette crèche dont les locaux servaient autrefois de base de vie pour la société mixte France-Belge «Sybetra», récupérés ensuite par l’APC d’Akbou, Amar rêve, d’en faire un lieu où il fait bon vivre pour les enfants avec ses jardins, ses espaces verts, ses arbres, etc… «Pour peu qu’on lui offre les moyens», dit-il. En 1989, Madaoui travailla comme pompiste à Alger et s’occupait au même temps de jardinage dans une station d’essence se situant sur l’autoroute Delly-Brahim – Sidi-Fredj. Un jour, son patron, un féru des lettres et du sport, constatant son admirable travail, le recrute comme jardinier. «A présent, quand je vais sur Alger, je passe d’abord voir mes plantes et ce, avant mes amis», dit-il. En 2000, il installe une petite baraque à côté de l’hôpital d’Akbou, mais il est vite déchanté car, selon lui, «chez nous, les fleurs ne font malheureusement pas vivre parce que elles n’ont pas de sens chez beaucoup de gens», déplore-t-il. Néanmoins, l’amour qu’il voue pour les fleurs est trop grand pour être anéanti par les besoins de la vie d’ici-bas.Madaoui regrette que l’on importe des fleurs artificielles alors que notre pays dispose d’un terrain propice à la floriculture.Outre les plantes et les fleurs, Amar a une autre raison de vivre, elle s’appelle Samia.C’est sa femme qui l’encourage à persévérer et lui donne un coup de main dans sa petite pépinière qu’il a plantée chez lui au village Taslent, situé dans les hauteurs d’Akbou.Enfin, cet homme sympathique et amoureux de la nature, nous dit : «Le plus beau geste que j’aime faire est celui d’offrir des fleurs et je profite de cette occasion pour offrir des fleurs symboliques à tous les lecteurs de la Dépêche de Kabylie».

K. Kherbouche

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