L’Aïd avant l’Aïd

Ce n’est pas encore l’Aïd puisque le Ramadhan est toujours là avec ses foules dans les rues, la circulation anarchique et l’odeur du sucre qui cuit. Le Ramadhan est toujours là, avec les marchés en flammes, l’angoisse pour certains de remplir le couffin du f’tour, l’envie des autres de manger jusqu’à éclater, mais c’est déjà l’Aïd, dont les relents, comme ceux de la chorba ou du qarbelouze, se sentent de loin. Les magasins d’habillement qui font, en cette période de l’année, l’essentiel de leur chiffre d’affaires, ont astiqué leurs devantures, orné les vitrines, et, comme de tradition… augmenté les prix !

Jeans, robes, chemisettes, baskets, tout l’habillement pour enfants commence à devenir inabordable. Les malheureux parents, déjà saignés par la rentrée scolaire et le ramadhan, vont d’un commerce à l’autre dans l’espoir de trouver ‘’quelque chose de bien » à un ‘’prix décent ». Mais reste-t-il encore de la décence chez ces commerçants dont le seul but est de gagner beaucoup d’argent, sans se donner le moindre mal, en volant leur prochain ? Beaucoup de parents ont eu la présence d’esprit de mettre de côté, pour l’aïd, les vêtements de la rentrée, mais les enfants ne sont pas toujours disposés à porter, pour la grande fête qu’est l’Aïd, ce qu’ils ont déjà porté : ils veulent du neuf et si possible du beau neuf ! Autre signe avant-coureur de l’Aïd : les gâteaux.

Cette fois-ci c’est au tour des épiceries, des superettes de liquider leurs stocks de smen, de sucre, d’amandes, de cacahuètes, de moules et d’arômes. Décidément, on n’arrête pas de dépenser, de se faire plumer !

S. Aït Larba