La Dépêche de Kabylie

Le cimetière délaissé

On peut résumer les opérations de nettoyage de ce cimetière aux sempiternels petits tours et puis s’en vont, tant que celles-ci ne se déroulent qu’une fois par hasard.

La dernière en date remonte déjà à plusieurs mois et ce grâce à des jeunes du quartier jouxtant ce cimetière, assistés par de jeunes scouts qui, malgré les moyens dérisoires dont ils disposaient ont tout de même réussi à enlever le gros de ces immondices qui jonchaient cet endroit sur toute sa longueur.

Seulement, le piteux état dans lequel se trouve ce cimetière nécessite plus qu’une simple opération de nettoyage, menée par la seule volonté d’une jeunesse qu’on ne cesse de qualifier à tort d’inconsciente.

Il suffit, les chaînes de télé étrangères aidant, de regarder ce qui se passe sous d’autres cieux plus cléments pour leurs morts pour s’apercevoir que la prise en charge des cimetières relèvent, certes, du civisme des citoyens mais également des moyens engagés par les autorités compétentes, en premier lieu les mairies, pour que ces endroits ne se transforment en dépotoir ou en lieu de prédilection des délinquants comme c’est malheureusement le cas chez nous.

Or, à ce jour, à quelques rares exceptions, l’intervention des collectivités locales en cet endroit se fait à chaque fois désiré. Les raisons d’une telle situation, soit dit en passant désolante, sont dues aux manques criant de poubelles installées par la commune à travers la ville et qui sont en nombre insuffisant au niveau du quartier populaire, les Remparts, qui fait face au cimetière. Une telle défaillance a contraint certains habitants de ce quartier, pas tous heureusement, à balancer leurs sacs-poubelles du haut de leurs immeubles pour finir sur les tombes.

Il suffit pourtant aux services communaux de procéder à l’installation de niches à ordures à travers ce quartier populaire pour pouvoir éradiquer ce phénomène qui est un véritable point noir dans cette ville qui était jadis un exemple en matière d’hygiène. Visiblement dépassés par l’exiguïté qui caractérise les habitations de ce quartier, certains parents ne réagissent même plus lorsqu’ils voient leurs mioches courir entre les amas d’ordures qui dominent tout l’espace de ce cimetière, allant jusqu’à ignorer les dangers que cela suppose sur leur santé.

Jusqu’à quand les collectivités locales resteront-elles spectatrices d’une telle situation ? Cette question revient comme un leitmotiv dans la bouche des habitants de la rue des Remparts qui ne savent plus à quelle sainte commune se vouer.

A. Boubekeur

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