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Les engins de la discorde

L’acquisition d’engins de déblaiement par les APC, il y a environ un mois, est devenue un événement pour les populations de certaines communes qui ne semblent pas satisfaites des sommes déboursées. En effet, depuis que plusieurs communes de montagne ont réceptionné des pelleteuses, les discours mettant en doute la transparence de la transaction, alimentent les discussions. Chacun y va de son analyse et les chiffres sont sujet à controverse. L’unanimité est cependant faite sur le prix réel du fournisseur qui serait de 450 millions de centimes alors que les APC auraient déboursé 680 millions de centimes environ. L’affaire a débouché sur la destitution des premiers vice-présidents de la commune d’Abi Youcef dont le président a bien voulu nous donner quelques éléments d’information. Il faut d’abord savoir que l’achat des engins a été réalisé dans le cadre des PCD inscrits d’office par la wilaya pour éviter aux communes de revivre la situation de l’hiver de 2004. A Ath Bouyoucef, “les deux premiers appels d’offres lancés se sont avérés infructueux. Ce n’est qu’au troisième avis que deux fournisseurs ont présenté des soumissions. Le moins disant, dont l’offre est de 690 millions de centimes, a donc été retenu”, déclare le P/APC. Le projet soumis à délibération a été voté et présenté à la tutelle qui l’avait approuvé en date du 14 novembre 2006, toujours selon notre source qui ajoute que les deux vice-présidents contestataires avaient assisté à ladite délibération et signé le document. Il ne restait plus que la livraison du matériel commandé. “Or, au début du mois de décembre, un des adjoints est venu me voir, me montrant un placard publicitaire paru dans un quotidien et dans lequel un fournisseur proposait des engins au prix de 590 millions de centimes mais en hors taxe et de caractéristiques différentes, je tiens à le préciser”, souligne Hocine. Malgré mes explications quant à la régularité du marché, le doute gagna les deux vice-présidents qui “m’accusent de corruption et de malversation. J’ai alors pris à témoin l’ensemble des membres de l’assemblée qui, après réunion ont pris la décision de les remplacer dans l’intérêt général”. Dire que pour l’heure la situation est revenue à la normale, rien n’est moins sûr. La suspicion gagne les citoyens les plus crédules et se propage aux autres communes. Il est alors du devoir des élus des communes, où le doute persiste, d’éclairer leurs électeurs dans un souci de transparence dont ils ont fait leur cheval de bataille lors de la campagne électorale.

Nacer B.

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