En cette période de mi-janvier, l’opération de la collecte d’olives bat son plein dans la région de Mékla, une région qui dispose de plusieurs hectares d’oliveraies. Profitant du temps ensoleillé qui sévit ces derniers jours et qui semble faire l’affaire des habitants qui débarquent en famille et en bon nombre pour prendre le chemin des champs, un lieu où les familles se rencontrent et se côtoient à longueur de journée dans une ambiance bon enfant que seule l’oléiculture sait créer. Echelles, bâches, scies sont les outils indispensables dans la conquête des oliveraies, et tout le monde se mobilise, petits et grands, afin de collecter la totalité du produit avant la dégradation des conditions atmosphériques. La régression conséquente de la production cette année a fait que nombreuses sont les familles qui ont d’ores et déjà achevé leur mission de collecte d’olives, et pour ces familles précisément, le fruit se trouve déjà au niveau des huileries en attendant sa transformation. Les huileries que’elles soient traditionnelles ou modernes, sont pourvues ces dernières semaines des stockages de sacs pleins d’olives, dans les entrepôts Afin de se concentrer à rassembler les olives au bon moment et éviter par là-même des pertes, nombreux sont les travailleurs qui prennent leurs congés spécialement en cette période afin de se consacrer pleinement avec l’aide des membres de leurs familles à cette tâche ô combien ancestrale. C’est le cas de Mohand, fonctionnaire de son état, la cinquantaine atteinte, qui nous a assuré que c’est devenu une habitude pour lui de prendre ses congés en cette période précise : “Depuis de nombreuses années, je programme de prendre la totalité ou parfois la moitié de mon congé annuel en cette période hivernale, cela me permet de rassembler les olives et de terminer cette opération au moment voulu avant de reprendre tranquillement mon travail, car avec le nombre élevé d’oliviers dont je dispose, il m’est quasi impossible de me contenter à collecter que durant les week-end surtout que parfois ce dernier coïncide avec une journée pluvieuse”.
La production cette année reste très maigre et largement au dessous des récoltes des années précédentes. De l’avis de certains hommes âgés rencontrés sur place, “elle est la plus faible de toutes les décennies”, et les connaisseurs imputent cette faiblesse au recul de la pluviométrie et à la sécheresse qui a frappé notre pays des mois durant. Seule la localité de Souamaâ, qui se caractérise par ses plaines, a été un peu épargnée par le recul de la production, même si force est de reconnaître que même pour cette région à vocation agricole, le recul est considérable ; néanmoins, il est bien meilleur que celui qu’enregistre les localités environnantes d’Aït Khelili et d’Aït Fraoussen qui sont perchées sur des montagnes. Cette situation a engendré une hausse des prix de l’huile d’olives et qui connaissent et connaîtront encore une hausse importante par rapport aux prix affichés à la même période de l’année dernière. A présent, le litre de l’huile d’olives est cédé à quelque 250 à 300 dinars, mais tout porte à croire que ces prix grimperont juste après la rupture des stocks de l’an dernier, à savoir dans les toutes prochaines semaines, et ces prix ne descendront pas au dessous de la barre des 300 dinars et certains avancent même que le prix de ce précieux produit connaîtra des chiffres records cette saison. En somme, et à quelques jours de la fin de cette campagne, les différents villages de Mekla vivent au rythme de l’ambiance champêtre et chacun fait en sorte de réussir et terminer la collecte dans les meilleurs délais possibles. A l’unanimité, les oléiculteurs espèrent que la production sera bien meilleure la saison à venir.
Mad. M.
