La situation sécuritaire demeure inquiétante au village agricole d’El Quaria, 18km à l’est de Boumerdès. Se sentant menacés par l’hydre islamiste locale, de nombreuses familles ont été contraintes de fuir cette agglomération. Membres du GLD ou simples commerçants pas moins d’une dizaine de chefs de familles ont depuis le mois de novembre dernier par crainte des représailles, a-t-on signalé, loué des maisons dans les centres urbains environnants.
La peur des représailles y est omniprésente. on est en face de groupuscules de terroristes rackettant à la moindre occasion, agriculteurs, commerçants et toute personne salariée, selon un calcul de la « djizia » préalablement fixée. Et plus inquiétant encore les commandos locaux du GSPC qui ont affiché là, à deux reprises, leurs tracts durant l’automne dernier- tentent sans cesse d’enrôler d’autres jeunes dans la mouvance sanguinaire. « Et à vrai dire, c’est cette crainte de voir un de ses enfants entraîné de force, dans la violence islamiste qui pousse certaines familles à fuir ce village », explique un quinquagénaire sous couvert d’anonymat. « Echekoua Er Rabbi » (on s’en remet à dieu) lamente-t-il en précisant à juste titre qu »il n’y a ici ni escadron de gendarmerie, ni garde communale » « Et les GLD », manquant apparemment d’organisation, les éléments du groupe local de défense sont devenus, a-t-on indiqué, cible facile pour les hordes islamistes armées. Travaillant pour la plupart loin de chez eux, et laissant (donc) leurs fusils à la maison, ces membres des GLD se font tuer à la moindre baisse de vigilance.
Il y a moins de six ans, trois d’entre-eux ont été lâchement assassinés lors d’une embuscade terroriste juste à l’entrée d’El Quaria. Et l’on est là, toujours sans nouvelles du vieux résistant Ghar Chair Saïd (75 ans) enlevé, il y a cinq semaines, par un groupe terroriste.
Seule trace trouvée jusque-là de cette victime est son dentier et ses cartouches retrouvées par les forces de sécurité sur l’axe El Quaria. Legata. Ripostant méthodiquement à ses exactions, les services spéciaux de la police judiciaire ont arrêté au total en moins d’un mois, selon certaines sources 12 éléments d’un réseau local de l’islamisme armé. On tente graduellement d’assurer la maîtrise de la sécurité à l’est de Boumerdès.
Salim Haddou
