Créée en 1990, la troupe des « Toubouls noubia » du Caire est représentée au Festival arabo-africain de danses folkloriques par une quinzaine d’éléments, dont deux encadreurs. Les musiciens du groupe sont tous professionnels, et ils sont menés par Instissar Abdelfatah, qui assume seul le rôle de véritable chef d’orchestre.
A l’actif de la troupe, des participations très remarquées dans pas moins de 18 pays. Il s’agit entre autres du festival de Bangaler en Inde, celui des arts et cultures au Pakistan, le festival d’El Massa à Abidjan, le festival des arts populaires au Rwanda et au Japon, la semaine culturelle de l’Egypte à Rome (sous l’égide de l’Académie égyptienne de Rome), les festivals folkloriques d’El Krine et celui de la Corée du Sud, ainsi que les festivités des 100 ans du cinéma égyptien organisées en France. Pour ce qui est du festival, le représentant de la délégation égyptienne estime qu’il s’agit d’un évènement culturel très important parce que, explique-t-il, c’est la première fois que le folklore arabe et celui de l’Afrique noire sont dans un même festival.
« Même si les langues et les cultures diffèrent, le langage artistique et humain a pris le dessus. C’est vraiment extraordinaire que Tizi s’érige, l’espace de quelques jours, en capitale de tous les peuples participants », nous confia-t-il et d’ajouter : « Ce qui est encore plus beau, c’est que c’est une région comme la Kabylie qui prend l’initiative d’organiser un tel évènement. Cela fera taire ceux qui lui veulent du mal, et ceux qui tentent de défigurer son extraordinaire sens de l’hospitalité » Pour finir, Intissar Abdelfatah dira aussi que ce festival est né géant, que ce soit sur le volet organisationnel, artistique ou de l’accueil.
« Cette ville nous a vraiment étonné. On ne s’attendait pas à cela. De plus, l’on a remarqué que la région de Kabylie recèle d’inestimables potentialités touristiques non exploitées. La nature l’a sacrément gâtée, ses gens sont particulièrement accueillants, et sa culture est aussi variée qu’ancestrale. Alors je trouve qu’elle n’a pas eu ce qu’elle mérite », déclara-t-il, avant de relever quelques petites lacunes qu’il juge très compréhensibles pour une première édition. Des lacunes qui se résument, selon notre interlocuteur, à l’absence de spectacles en plein air, et l’existence de quelques incohérences de programmation entre Alger et Tizi.
Ahmed B.
