La Dépêche de Kabylie : Le festival de Tlemcen, c’est votre première participation ou en avez-vous eu déjà à d’autres festivals ?
ll Ahmed Djenadi : Oui, en effet, c’était ma première participation en tant que producteur et le feuilleton « Aâziz akken yebru yil, « l’être cher », est ma première production.
Votre opinion sur le festival
ll Je dirais que la 7ème édition du « Festival culture national annuel du film amazigh » était bien organisé du point de vue logistique et accueil ; c’était d’ailleurs l’avis de tout le monde et Tlemcen a grandement ouvert ces bras à ses invités.
Selon votre opinion, votre film aurait dû être primé, mais ça n’était pas le cas. C’est dû à quoi à votre avis ?
ll On a programmé 15 films pour le festival pendant les jours de projection et d’animation ; mon travail était un feuilleton composé en un film de 90 mn ; j’étais programmé pour le dernier jour (le lundi 15 janvier 2007) à 10 h30.
Alors, ce jour-là, j’ai constaté qu’il y a eu une déprogrammation, ce qui m’a vraiment agacé. Au lieu de 10 h 30, le film était ainsi reprogrammé pour 12 h 30, le moment de manger, où tout le monde commençait à quitter la salle !
Là, j’ai décelé une lacune au niveau du comité d’organisation. D’ailleurs, le film a été mal médiatisé puisqu’on retrouve dans le catalogue du festival un synopsis pour tous les films participants, exception faite pour mon film, comme si l’on a voulu minimiser son importance.
D’autre part, on m’a informé qu’on ne peut pas projeter la totalité du film faute de manque de temps et, pour en finir, ils m’ont annoncé que la moitié seulement du film sera projetée puisque la 2e cassette aurait été oubliée à Alger.
J’ai répliqué qu’il n’est pas normal de projeter
la moitié du film alors que l’histoire devient plus intéressante dans la deuxième partie. Heureusement, je disposais de la 2ème cassette ; ainsi malgré tous les compromis, le film a été projeté à 12 h 30 et les gens sont revenus pour y assister : on comptait alors dans les 400 téléspectateurs.
A la fin de la projection, je n’avais eu droit qu’à des applaudissements, alors que tous les gens présents étaient unanimes à dire que le film méritait l’olivier d’or. Grande fut ma déception à l’annonce des résultats ; la plupart des festivaliers étaient déçus et moi, principalement, j’étais persuadé qu’on a encouragé la médiocrité.
Où en est-il, le film amazigh, dans la Culture algérienne ?
ll Par rapport aux années précédentes, on remarque une progression du film amazigh pour avoir une participation avec 15 films. Dans cette édition, fort est de constater une progression constante dans la production.
Votre feuilleton était votre première expérience dans la production : qu’en pensez-vous ?
ll Lorsqu’on fait naître une œuvre, on ne peut pas se juger soi-même : ceci est fait par l’extérieur. Mais j’ai une autosatisfaction des progrès que j’ai fait. Même si mon film n’était pas primé cette fois-ci, je pense que ce n’est pas une raison pour arrêter. Alors, je profite de l’occasion pour annoncer la couleur, notamment le lancement du tournage d’une production toute aussi intéressante que la première.
Vos projets d’avenir ?
ll Actuellement, je suis sur une production intitulée « Ussan Inni », qui est également un feuilleton, et bientôt il y aura une très grande production qui va voir le jour, dont le titre est « Assirem » : scénario de ma fille « Hafsa Djenadi » et il sera produit par A. Com. Internationale.
Propos recueillis Par Bania Bakri
