Mis à part le comité local du Croissant-Rouge algérien et l’association Tagmats de feu Ali Zamoum qui continuent à affirmer leur présence en tant qu’organisations humanitaires, le groupe des scouts musulmans, Ithran, de la localité de Aït Koffi, ainsi qu’une association qui défend les droits des handicapés, le mouvement associatif dans la commune de Boghni demeure le grand absent sur la scène locale. Cette situation a crée un vide énorme au sein de larges franges de la société, notamment les jeunes dont la plupart commence à perdre ses repaires culturels et certaines valeurs ancestrales, ce qui a laissé place à l’apparition de phénomènes inquiétants dans les villages et un degré plus alarmant dans le milieu urbain. Les premiers habitants de la ville de Boghni n’arrivent plus à reconnaître ce que fut le milieu social dans lequel ils ont vécu jusqu’au début du nouveau siècle, et ce à cause de la recrudescence de la délinquance juvénile et la dégradation de leur cadre de vie. Pour certains observateurs locaux, l’absence d’une politique en faveur des jeunes et l’inéxistence d’un tissu associatif pour canaliser cette force vive de la société, ont énormément contribué à l’émergence de ce climat d’incertitude.
En effet, en énumérant quelques faits, on ne peut qu’être d’accord avec ce constat d’échec auquel beaucoup d’acteurs de la vie locale ont participé, à commencer par l’inertie et le manque d’initiatives de ce qui constituent la conscience de la population, à savoir les formations politiques, les enseignants, les universitaires et les cadre de l’Etat, lesquels sont complètement absents sauf pour s’occuper de leurs intérêts personnels. Ensuite viendra la responsabilité des autorités locales, certes confrontées à régler des problèmes liés au développement local, mais ignorant parfois que l’essentiel doit être fait pour la jeunesse qui n’a comme seul refuge que la rue d’autant plus que la maison de jeunes est limité dans ses activités. Dans tout cela, ce qui est désolant à Boghni, c’est ce vide culturel ressenti par toute une population du fait qu’aucune association culturelle active n’est recensée actuellement, faisant ainsi de cette agglomération une exception de ce côté-là dans la région.
De ce fait, à chaque événement marquant un fait de notre histoire et de notre identité, il ne faut pas trop chercher en ville ou dans les villages pour trouver les gens réunis autour d’une célébration ou commémoration.
Enfin, même pour le mouvement sportif, les quelques sections existantes sont affiliées au club sportif amateur du DC Boghni qui concentre ses efforts sur la section-football, ce qui a énormément réduit ces dernières années la pratique des autres sports.
M. H.
