Où on parle encore de la contrefaçon du livre

Depuis quelques temps, les journaux algériens ne cessent d’attirer l’attention sur la contrefaçon du livre qui, s’il faut croire les mêmes journaux, prend des proportions importantes. On croyait pourtant que le livre était moins facile à copier que le CD ou la cassette, mais la réalité est là : le livre se contrefait aussi ! On en voit de plus en plus, envahissant les librairies, les bureaux de tabac et les rues… Certains sont des classiques de la littérature nationale ou étrangère, d’autres sont des publications récentes. Des ouvrages à peine parus, en Europe, sont vendus… La plupart des ouvrages ne portent pas de noms d’éditeur : on comprend que les pirates ne veuillent pas signer leur méfait, de crainte d’éventuelles poursuites. Mais les libraires, eux, parfois les premiers à dénoncer la contrefaçon, accueillent ces livres et les commercialisent. Et, eux, connaissent les auteurs de la contrefaçon : Pour la simple raison qu’ils doivent leur verser l’argent rapporté par la vente, en soutirant les 30% qui leur reviennent sur chaque livre écoulé ! Les livres contrefaits sont bien sûr ceux qui se vendent le mieux, alors on devine les bénéfices faits par les uns et les autres ! Les autorités doivent aussi jouer leur rôle, en faisant des descentes dans les librairies : Tout ouvrage qui ne porte pas le nom d’une maison d’édition enregistrée légalement – à moins qu’il ne soit publié à compter d’auteur – doit être saisi et détruit. Quant aux éditeurs pris en flagrant délit de piratage, ils doivent être sanctionnés, on pourrait même envisager de leur retirer leur registre de commerce… C’est seulement ainsi qu’on pourra, faute de l’éradiquer, réduire le phénomène de la contrefaçon.

S. Aït Larba