La Dépêche de Kabylie

Un saut qualitatif en perspective

L’Interwilayas du Mouvement citoyen des archs s’est achevé, donc, sur la position du «wait and see». Leur participation aux prochaines échéances électorales, du moins en ce qui concerne la CADC, est donc suspendue aux développements que connaitrait la scène politique, et surtout l’évolution du dialogue archs-gouvernement.

Si la Coordination intercommunale de Béjaia a entériné le principe de la participation, il n’en est pas de même pour les autres coordinations qui attendent de mieux distinguer dans les eaux troubles du cloaque politique algérien.

A la recherche d’un nouveau souffle, les archs se voient dans l’obligation d’adopter une autre démarche pour que le sacrifice des 127 martyrs et des milliers de blessés ne soit pas vain. Inspiré peut-être par la démarche du CSC d’El Kseur, qui a décidé de participer aux prochaines élections locales, les archs savent que les futures joutes électorales sont capitales, car, ce n’est certainement pas, par la représentation des partis traditionnels dans la région que la plate-forme d’El Kseur aboutira.

Il est par ailleurs intéressant de savoir quelle attitude ils pourraient adopter à la lumière des derniers développements sur la scène locale : lassitude de la population, désaffection d’une frange de militants au sein du FFS, les rafistolages qu’essaye d’effectuer le RCD pour son retour après le fiasco des présidentielles d’avril 2004, et autres calomnies grotesques dont sont victimes les délégués pour briser leur mouvement.

Comme il serait tout autant intéressant de savoir si Belkhadem ne chercherait pas, à travers son invitation pour la reprise du dialogue, à priver le Mouvement d’un éventuel recours à l’empêchement de ces élections ou, tout bonnement, d’y participer, pour ne pas sombrer à nouveau dans le sempiternel problème de l’illégitimité comme en 2002.

Sur la trajectoire de moult mouvements révolutionnaires dans le monde, ayant à la fin choisi le moyen des urnes pour concrétiser leurs idéaux, les aârchs, si participation il y a, auront toute latitude d’appliquer eux-mêmes leurs revendications. En effet, qui pourrait empêcher une APW sous leur autorité de demander le départ de la Gendarmerie, de prendre en charge les blessés, de gérer avec plus de transparence les affaires de la cité, ou d’introduire tamazight dans l’administration publique.

A contrario, si jamais échec il y a, cela signifierait sine qua non la fin d’un mouvement qui a tout essayé. Contre vents et marées.

Yacine Mohellebi

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