Site icon La Dépêche de Kabylie

La réécriture de l’histoire en point de mire

Les moudjahidine des trois communes de Ouaguenoun, à savoir Aït Aïssa Mimoun, Timizart et Ouguenoun se sont réunis dans la matinée de mercredi dernier à la Maison de jeunes de Tikobaïne. L’objectif de cette réunion est l’organisation pour la réécriture de l’histoire de la Révolution nationale. Près d’une centaine de personnes entre moudjahidine et enfants de chouhada ont tenu à assister à cette réunion, qualifiée d’importante par les organisateurs. Les débats ont été animés par les membres de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM) de Tizi Ouzou, dont l’Hadj Morceli, Ameur M’hand dit M’hand Yakouren.

Les animateurs de la conférence ont axé leur discours sur deux volets, à savoir la méthode à suivre pour l’écriture de l’histoire et l’organique de l’ONM.

“Le serment a été donné à nos frères qui ont trouvé la mort durant la guerre. Nous, les survivants, il est de notre devoir d’assurer la continuité et passer le message aux générations à venir”, a déclaré un membre de l’ONM, à l’adresse d’une assistance attentive. La phrase “priorité à l’écriture de l’histoire” revient à chaque fois. Les présents sont convaincus qu’il y a urgence et qu’il faut enclencher tous azimuts, une course contre la montre. Pour convaincre, ils déclarent que rien qu’au mois du Ramadhan dernier, la wilaya de Tizi Ouzou a connu la disparition de 16 moudjahidine et chacun d’eux qui nous quitte, emporte avec lui un pan de l’histoire de la Révolution. Un moudjahid qui est intervenu, a contesté avec énergie l’emploi de l’appellation de “famille révolutionnaire”. “Nous refusons cette appellation dangereuse. C’est une manière pour nos détracteurs de nous isoler et nous diviser. La révolution appartient à tout le peuple. Sans lui, il n’y aura point de victoire”, martèle-t-il sous un tonnerre d’applaudissement qui fusent de la salle. Pour l’écriture de l’histoire, et ce avant la fin du mois de février, il y aura l’installation de commissions au niveau de chaque kasmat et de sous-commissions dans chaque village. L’écriture se fera sous forme de récit individuel et collectif en suivant l’ordre des années de combat. Il y aura l’association de jeunes, des universitaires… qui activeront sous l’égide de la commission des kasmat. L’écriture concernera les récits de combat, le recensement de tous les combattants et militants d’avant et d’après le 1er Novembre 1954. Tout au long de leurs interventions, les anciens combattants ont insisté sur le principe d’unifier le peuple. “Nous sommes dans l’ère démocratique que nous respectons. S’il y a un traitre dans une famille, cela n’engage que la personne elle-même. Les membres de sa famille ne sont nullement responsables de ses actes”, déclare un moudjahid. A un autre d’enchaîner : “Les combattants de la Révolution ont pour secret de leur réussite le fait d’avoir usé de culture pour unifier le peuple”. Et un autre moudjahid de fustiger l’ennemi colonial : “Les Français n’ont jamais digéré le fait d’avoir perdu l’Algérie. Ils ont détourné nos propres enfants, les transformant en des terroristes et les montent contre nous”, déplore-t-il. C’est dans cette optique qu’on a fait appel à un sursaut d’orgueil, en vue de valoriser l’histoire de la Révolution. Dépassé les divergences du moment et se mobiliser à construire l’avenir sur des bases solides. Parmi les invités à cette conférence, l’on compte les membres de la nouvelle association Le Flambeau pour la sauvegarde du patrimoine de la Révolution nationale. L’objectif pour lequel cette nouvelle association milite est le même que celui visé par l’Organisation des moudjahidine. Le président de l’association a tenu un bref discours dans lequel il a expliqué le plan d’action de cette organisation et a appelé les moudjahidine et les responsables à activer en étroite collaboration. L’appel du président a reçu un écho favorable et a réjoui et réconforté les présents. “Vous avez tout notre soutien. Nous avons besoin d’associations et de jeunes comme vous afin de contribuer à cette tâche, ô combien noble !”, a déclaré un membre de l’ONM de Tizi Ouzou.

A la fin de la rencontre, les organisateurs ont annoncé que d’autres réunions similaires se tiendront dans les prochains jours. Ils ont enfin appelé à l’unification et à la mobilisation de tous, pour la sauvegarde et la valorisation du patrimoine de la Révolution qui, d’ailleurs, se compte parmi l’un des plus beaux au monde.

Mourad Hammami

Quitter la version mobile