Draâ Ben Khedda est sans doute la ville, dans toute la wilaya, à ravir la palme de… la saleté sur toute son étendue. La première place pourrait toutefois être disputée entre une autre ville : Fréha. Deux villes montrées du doigt.
L’artère principale n’est propre que lorsque l’agent de la voirie passe avec son modeste matériel se limitant à un balai de mauvaise qualité. Pour lui prolonger la vie et pouvoir encore l’utiliser, l’agent le consolide avec du fil de fer. La brouette n’est guère meilleure.
Ensuite, ce sont les commerçants et autres marchands à se mettre de la partie. Les rues ne sont pas toutes épargnées : boulevard Amirouche, rue de la Liberté, Cheriki-Menouar, boulevard Larbaoui, rue R. Fedjer, rue Boucena-Amar etc… à l’exception des rues qui font face à l’APC.
Les sachets, cartons et autres emballages sont évacués de l’intérieur des boutiques pour être jetés sur les trottoirs ne se donnant même pas la peine de sacrifier un sachet-poubelle.
Ce récit est-il trop cher pour être sacrifié à la propreté de la ville ? L’incivisme a gagné du terrain. La rééducation devient difficile sinon impossible avec la génération actuelle. Les mentalités se dégradent.
C’est l’anarchie qui s’est installée depuis quelques années. Le visiteur l’aura constaté dès son entrée en ville. Il sera frappé par les baraques qui longent les trottoirs.
Le marché quotidien, un bidonville au centre-ville se passe de tout commentaire. Son iradication tarde à venir même s’il a attiré l’attention des autorités de wilaya.
L’occupation des espaces pour l’érection de nouvelles baraques se poursuit sans nulle inquiétude. Elles sont même pourvues de l’énergie électrique. Des fils pendent de partout. Mais qui paye la facture salée ?
Ces bicoques diffusent de la musique et des chansons à vous crever les tympans, de jour comme de nuit. Ce « terrorisme musical » dure tard dans la nuit et les riverains dérangés dans leur travail, leur tranquillité, leur sommeil, attendent une éventuelle intervention des autorités pour mettre fin à ce tapage nocturne.
Devant l’absence de l’Etat, les choses empirent. Il n’y a qu’à voir les bouteilles de bière vides qui jonchent les fossés de toute la wilaya.
Le soir, ce sont des files de voitures sur les rebords des routes. Des lieux de consommation de boissons alcoolisées se sont multipliés au su et au vu de toutes les autorités.
Les trottoirs ont disparu sous les étals de diverses marchandises : du fer à repasser au sachet de cacahuètes.
Certains sont occupés constamment par des tas de sable, de ferraille, de briques… L’exemple des sorties est et sud de la ville illustre cette situation de confusion.
Les autorités à tous les niveaux, auront du pain sur la planche pour tenter de redresser une situation déjà catastrophique sans précédent. Une application rigoureuse de la réglementation mettra de l’ordre dans tout cela !
Mohand N’Tighilt