La Dépêche de Kabylie

Le moudjahid Hadj Mohamed tire sa révérence

C’est en présence d’une foule nombreuse venue des quatre coins de la wilaya que les citoyens de la commune de Chorfa dans la daïra de M’chedallah ont accompagné à sa dernière demeure l’un des repères de l’histoire de la localité et symbole de résistance et de patriotisme. L’Hadj Mohamed U Merzouk, Alias Boukaroui, car c’est de lui qu’il s’agit, s’est éteint vendredi dernier à l’âge de 91 ans, laissant derrière lui une histoire marquée en lettres d’or. Ainsi, après avoir accompli son service militaire dans la région de Dellys de 1935 à 1937, il fût, à l’instar de tous les jeunes Algériens, mobilisé par les forces coloniales durant la seconde Guerre mondiale. Par la suite, et après 1945, il intégra le parti du peuple Algérien où il gravit les échelons par son intelligence et son habileté, chose qui le Propulsa à côtoyer les hauts responsables du parti. Durant les élections de 1953, il s’est présenté dans la liste du Mouvement de triomphe pour les libertés démocratiques (MTLD) où il a sauvé la situation et préserver des vies humaines suite aux affrontements armés qui ont opposé les jeunes du Douar aux éléments de la gendarmerie française en Avril 1954. D’ailleurs, prenant acte de cette « rébellion », il n’a jamais cessé de dire de son vivant que sa région a anticipé le déclenchement de la Révolution de huit mois. Feu l’Hadj Mohamed figure parmi les premiers détenus de la commune après le déclenchement de la Guerre de la révolution, et ce le 09 Novembre 1954. Il fût accusé de détention d’armes.

Libéré une année après, il quitta son pays pour aller vivre temporairement en France où il continua son combat politique. Son esprit de révolté ne lui a pas permis de vivre loin de ses frères les combattants, alors il regagna l’Algérie une année après, pour s’investir pleinement dans la lutte pour la liberté de sa patrie. Il a été un élément influent dans sa région, et son énergie morale face aux dangers, aux difficultés et autres souffrances ont fait de lui l’élément-clé de la situation. Sa vision lucide et sa perspicacité l’ont jamais découragé d’aller de l’avant pour dire : « l’Indépendance ne tardera pas à être décrétée, nous aurons notre liberté. Aux Nationalistes de se préparer à fêter l’événement, et malheur aux alliés du colonialisme ! ». Après l’assassinat de son frère Moussa, Boukaroui n’a ménagé aucun effort pour venger son frangin, et après la bataille de Jeddi Amar Chérif, qui s’est soldée par une perte considérable de vies humaines dans les rangs de l’armée française, il a été arrêté en compagnie de Cheikh Mohand u Allou et Omar Hadj Tayeb en 1958. Après avoir purgé une peine d’une année en prison, il a été libéré mais placé par l’administration coloniale en résidence surveillée jusqu’à l’Indépendance. Si, l’Hadj Mohamed ne figure pas aujourd’hui parmi les siens, son parcours par contre, parlera de lui encore pour longtemps pour que l’engagement et la contribution de tous ces symboles soient gravés dans les mémoires des générations futures.

M. Smaïl

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