La Dépêche de Kabylie

Une production en deçà des ratios mondiaux

Sous l’égide de la Direction de l’artisanat et des métiers, l’Association des apiculteurs de la wilaya de Béjaïa a organisé à M’lila dans la daïra d’Akbou, une rencontre entre apiculteurs-producteurs de miel et apiculteurs-pépiniéristes. Cette rencontre à laquelle a participé M. Mansouri, responsable de la formation des apiculteurs au niveau de l’INRA de Oued Ghir et à laquelle a été invité Jean-Claude Moes, apiculteur professionnel, venu de la capitale alsacienne Strasbourg. C’est en fait pour bénéficier de l’expérience de cet éleveur d’abeilles strasbourgeois lequel vient de terminer à Beni Yenni dans la wilaya de Tizi-Ouzou une session de formation au profit de 80 apiculteurs de la région, que la rencontre a été programmée.

Les spécialistes des « blondes avettes » ont entamé leur discussion sur les ruches, les matériaux dont elles sont faites et la nécessité qu’il y a de les standardiser. Le représentant de l’INRA signale que beaucoup de ruches pourtant financées dans le cadre de la FNRDA ne correspondent pas aux normes de la ruche Langstroth puisque les cadres de cire de dimensions conformes aux normes n’y vont pas : au lieu de pouvoir être suspendus dans le corps de la ruche, ils sont parfois trop grands, et n’entrent donc pas dans la ruche, ou trop petits, tombent au fond.

Le deuxième point abordé, et c’est là le sujet crucial de la rencontre, a eu trait bien évidemment à la faiblesse de la production par ruche de miel en Algérie. Elle est selon M. Ouali, président de l’Association des apiculteurs de l’ordre de 5 kg par ruche et par an.

Le professionnel strasbourgeois qui pratique l’apiculture de transhumance et qui possède environ 300 ruches de production donnent une récolte de 30 à 40 kg de miel chacune impute sans hésitation le problème de cette contre performance de la production de miel en Algérie, aux méthodes utilisées et au manque de formation des apiculteurs. Il préconise l’utilisation de la méthode Prost qui consiste à diviser les ruches au moment du démarrage de la ponte et à les rassembler au moment de la grande miellée. Les ruches ainsi traitées deviendront, selon lui, de véritables « usines à miel ».

L’autre point discuté par les participants a été la commercialisation de miel.

Dans ce registre, même si ce problème de la mévente ne se pose pas encore aux apiculteurs, puisque leur production se vend encore sous le manteau, ces débats ont porté sur le label de qualité à mettre en place, sur le cahier des charges à signer et à respecter par tous les apiculteurs, sur le prix de revient du kilogramme de miel, sur le conditionnement et le taux d’humidité du miel aussi que sur l’instauration éventuelle d’une médaille à décerner aux meilleurs producteurs.

B. Mouhoub

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