La Dépêche de Kabylie

La cantine à un kilomètre et demi

l La nouvelle école primaire de Saharidj qui a ouvert ses portes en 1998 n’a toujours pas de cantine scolaire : les enfants qui la fréquente sont orientés vers la cantine de l’école primaire Khaber-Mohamed, située à la sortie nord de la ville de Saharidj tandis que la nouvelle école primaire est implantée à la sortie sud de la même ville, soit éloignée l’une de l’autre d’environ 1,5 km, une distance sur laquelle les enfants doivent « patauger » pour rejoindre le lieu de la restauration. Par temps pluvieux, ce sont des enfants mouillés, chargés de boue et tremblant de froid qui arrivent à la cantine. Comment un enfant peut-il manger convenablement dans de telles conditions ? Leurs enseignants sont confrontés à une corvée supplémentaire et quotidienne pour les accompagner, vu que les élèves sont obligés d’emprunter un tronçon de la RN 30 sur le trajet et qu’ils s’exposent aux dangers de la circulation. L’autre partie de l’itinéraire qui mène à la cantine et qui longe le centre de santé est composée d’une mare où s’accumule l’eau de pluie et même des eaux usées que les écoliers traversent… à gué. C’est un véritable parcours du combattant que font ces enfants chaque jour pour quelques bouchées de nourriture qu’on leur présente n’importe comment, dans une cantine aménagée au-dessus des toilettes. Il arrive souvent aux élèves de la nouvelle école de faire la chaîne et le pied de grue durant une heure pour être enfin autorisés à rentrer pour être servis, et cela qu’il vente ou qu’il pleuve. La premières question qui vient à l’esprit est de savoir comment opèrent les cuisiniers pour faire face aux milliers d’élèves des deux écoles primaires du chef-lieu de la commune. Et ceux chargés de la vaisselle ont-ils le temps nécessaire pour procéder au nettoyage des couverts après le premier service ? Difficile à dire. La deuxième question est de savoir pourquoi après bientôt une dizaine d’années de mise en service, cette « nouvelle vieille école » n’a toujours pas bénéficié d’une cantine ? L’argument de l’espace ne peut être avancé, sachant que devant cette école existe un « terrain vague » inexploité. La troisième et dernière question : une heure quotidienne consacrée à la restauration est-elle comprise dans le temps des cours ou exécutée en heures supplémentaires par les enseignants-accompagnateurs ? Il est grand temps que l’on se penche sur ce problème de cantine et y remédier.

Omar Soualah

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