La Dépêche de Kabylie

Une médaille pour Matoub Lounès

Le Luther King de la Kabylie, Matoub Lounès, continue à être honoré outre-mer en attendant que dans sa propre patrie les autorités officielles se rendent compte de la valeur de ce poète et artiste et de son rôle dans le combat pour la démocratie et contre l’intégrisme.

C’est le maire de Montrouge qui a décerné une médaille d’honneur à titre posthume à Matoub Lounès pour son combat pour la démocratie et contre l’intolérance. Un combat que le fils de Taourirt Moussa a payé de sa vie le 25 juin 1998. Le crime qui a visé l’enfant le plus valeureux de la Kabylie est resté impuni à ce jour et la lumière n’a pas encore été faite malgré la persévérance de la mère et de la soeur du Rebelle à revendiquer que justice soit rendue. Dans une réaction publiée par un site internet, la veuve de Matoub, Nadia, a affirmé : « Je suis satisfaite pour Lounès de l’honneur qui lui a été rendu par la municipalité de Montrouge, que je remercie d’avoir honoré le grand homme qu’il était. Je suis très émue de l’hommage significatif que l’on a rendu à Lounès qui est un acte riche de sens de recevoir cette médaille en son nom. Je suis très touchée par le fait qu’elle me soit remise, c’est pour moi une certaine reconnaissance de mon existence en ma qualité de veuve. On ne peut que se réjouir de cet hommage. Je tiens à remercier Jean-Loup Metton en notre nom Lounès et moi, ainsi qu’au nom des Kabyles qui se battent pour leurs droits élémentaires ». Nadia Matoub a expliqué que Lounès, homme de conviction, de lutte et d’action, qui n’a jamais abdiqué devant le danger, a porté et continue à porter les revendications les plus nobles auxquelles chacun de nous aspire.

Lounès est un homme de probité, un homme libre et juste, il mérite que sa valeur universelle soit connue et reconnue.

Au sujet de ses absences des cérémonies honorant Matoub, sa veuve a dit être habituellement informée par le biais de la presse, ou des radios. Même si cela lui fait un petit pincement au cœur, le principal à ses yeux est qu’on illustre son mari. Ce qui prime, c’est que l’on immortalise Lounès : c’est l’essentiel pour elle. Matoub a été immortalisé d’abord grâce à ses chansons que l’on entend encore dans les quatre coins de la Kabylie quotidiennement et pratiquement dans tous les lieux publics. Matoub est devenu le symbole de la Kabylie. Et un nouveau phénomène tend à s’étendre partout dans la région, c’est la présence de ses portraits géants dans tous les établissements commerciaux. De plus, il faut rendre à César ce qui lui appartient : ce sont les villages de la daïra d’Ouaguenoun qui ont instauré cette tradition, bien que la statue de Matoub Lounès demeure encore non restaurée depuis son saccage et que les autorités locales tardent encore à tenir leur promesse de la réparer.

Aomar Mohellebi

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