Les écoliers célèbrent la Journée nationale du chahid

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La célébration de la Journée nationale du chahid a été l’occasion donnée aux écoliers de la commune d’Aït Yahia Moussa pour découvrir l’histoire authentique de la Révolution.

En effet, pour permettre à chaque établissement de profiter au maximum de cette commémoration, un programme étalé sur deux journées a été établi conjointement entre les autorités locales et les directeurs des différentes écoles. “Comme nous devions assurer le transport de la plupart des élèves, il nous est impossible avec le nombre de véhicules que nous possédons de le faire pour tout le monde”, nous déclare l’un des membres de l’APC qui ajoute que tout a été étudié selon un calendrier de rotation des bus et des camions aménagés pour satisfaire les élèves. Ainsi, le cimetière des martyrs de Bougarfane, sur les hauteurs d’Aït Yahia Moussa qui fût le théâtre d’une des plus sanglantes batailles de la Révolution, plus connue sous le nom de la bataille du 6 Janvier 1959 et pour les Français Opération K 16, a été prise d’assaut par les élèves de l’école du village Ighil’Vir, située à 400 mètres plus bas, bien avant que les premiers bus et camions emmenant ceux de Tizra Aïssa n’arrivent. Aussi, pour laisser la place à leurs petits camarades, les élèves de l’école Ighil’Vir qui avaient auparavant déposé une gerbe de fleurs, observé une minute de silence et écouté l’allocution du responsable de l’Organisation nationale des moudjahiddine, en l’occurrence Hocine Chétabi, entonnèrent des chants patriotiques avant de quitte le cimetière laissant place aux écoliers de Tizra Aïssa pour le même cérémonial. Un peu plus loin, à Tizra Aïssa qui a vu naître feu Krim Belkacem, le héros de la Révolution et le signataire des accords d’Evian, c’est sa maison natale transformée en musée que les bambins de la localité découvrent, pour la plupart, pour la première fois. Dans toutes les pièces et à l’extérieur, l’Association Tharwa n’Krim-Belkacem a organisé une riche exposition. Profitant du grand mouvement à l’intérieur du musée, nous en avons profité pour fausser compagnie à nos accompagnateurs car, bien que nous aurons encore l’occasion d’en parler, nous ne voudrions en aucun prix laisser passer l’occasion de rendre un témoignage capital. A bord d’un véhicule appartenant à M. Belahdid, avec assis à l’arrière M. Rabah Bendif, un ancien moudjahid, nous dévalons la colline jusqu’à Aït Yahia Moussa pour reprendre un peu plus loin l’escalade de la colline faisant face à Vougharfane pour nous arrêter quatre kilomètres plus haut à Tizi Yezgarène à proximité d’une stèle érigée au bord de la route. “Voilà, c’est d’ici que feu le chahid Belahdid Ali dit “Sportif” avait abattu un avion de l’armée française le 5 Mars 1959 aux environs de treize heures”, nous déclare avec beaucoup d’émotion M. Rabah Bendif qui ajoute que feu Belahdid était armé d’un fusil mitrailleur et est tombé au même moment avec son ravitailleur, frappé par un obus lancé d’un troisième avion alors que les deux premiers ont été abattus. De retour à Aït Yahia Moussa, nous prenons congé donc du fils de cet héros lequel sur le registre des décès de la commune porte le nom de “Rebelle inconnu” à côté des noms et toutes les filiations des pilotes abattus.

Essaïd N’Aït Kaci

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